Les chefs de la droite européenne réfléchissent à une alliance pour 2024

La Première ministre italienne et présidente des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), Giorgia Meloni, a rencontré le leader du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, à Rome, alors que les deux dirigeants réfléchissent à une alliance en vue des élections européennes de 2024.

EURACTIV Italie
EU Parliament plenary session
Le député européen allemand et président du Parti populaire européen (PPE) Manfred Weber, à la tribune du Parlement européen le 14 décembre 2022 [Julien Warnand/EPA-EFE]

La Première ministre italienne et présidente des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), Giorgia Meloni, a rencontré le leader du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, à Rome, alors que les deux dirigeants réfléchissent à une alliance en vue des élections européennes de 2024.

M. Weber, qui était à Rome pour les funérailles du pape émérite Benoît XVI, a rencontré Mme Meloni jeudi (5 janvier). Giorgia Meloni vise à ébranler l’alliance entre le PPE et les Socialistes et Démocrates (S&D), notamment après le scandale du « Qatargate » qui a entaché l’image du groupe de gauche.

C’est la deuxième fois en moins de deux mois que Mme Meloni et M. Weber se rencontrent, après une réunion le 11 novembre au siège du gouvernement à Rome. Leur rencontre de jeudi « fait suite à un travail qui dure depuis un certain temps », ont déclaré des sources gouvernementales au média Adnkronos.

La première étape a été l’élection de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, en janvier 2022, grâce aux votes du CRE et du PPE. Plus tard, au cours de l’été 2022, Manfred Weber lui-même a ouvertement milité pour la coalition de droite, dirigée par Giorgia Meloni, avant les élections italiennes de fin septembre.

Les bonnes relations entre le PPE et le groupe CRE semblent être garanties par l’un des fidèles de la Première ministre italienne, le ministre des Affaires européennes et eurodéputé Raffaele Fitto, qui est membre du parti de Mme Meloni mais était auparavant député de Forza Italia et donc membre du PPE.

Le leader de Forza Italia, Silvio Berlusconi, et le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, étaient également présents à la réunion.

« Nous avons discuté de toutes les questions auxquelles l’UE est confrontée et partagé nos inquiétudes », a écrit M. Berlusconi sur les réseaux sociaux. « J’ai été très heureux d’entendre de la bouche de [Manfred] Weber l’importance qui est accordée à Forza Italia au sein du PPE et en Europe », a-t-il ajouté.

M. Tajani a déclaré que la réunion avait servi à aborder « l’avenir de l’Europe et les défis que nous devrons relever ensemble au niveau européen ».

L’eurodéputé conservateur Nicola Procaccini a déclaré que le dialogue entre les CRE et le PPE se renforce « également grâce au fait que les deux forces politiques se consolident dans leurs pays respectifs ».

« Le vote de 2024 sera la dernière chance d’avoir un Parlement européen qui conduira l’Union sur la voie que nous avons toujours souhaitée : un modèle d’Europe qui n’humilie pas les nations, mais les prend en compte », ajoute l’eurodéputé.

Mais des blocages existent. L’un d’entre eux vient du parti polonais Plateforme civique (PPE), dont Donald Tusk, l’ancien président du Conseil européen, était membre. Le parti s’est clairement positionné en opposition au parti de gouvernement Droit et Justice (PiS), qui fait partie du CRE à Bruxelles.

« En octobre, il y aura des élections en Pologne et si cet obstacle est surmonté, je pense qu’il sera encore plus facile à ce stade d’imaginer des élections européennes de 2024 où les choses pourront se passer en douceur », a déclaré M. Procaccini.