Les chefs d'Etat européens haussent légèrement le ton contre Poutine

L'UE a adopté dans la nuit du 21 mars des sanctions modestes contre la Russie. Des mesures de soutien à la sécurité de l'Ukraine sont prévues, via l'OSCE dans un premier temps, en plus du soutien financier.

EURACTIV.fr
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L'UE a adopté dans la nuit du 21 mars des sanctions modestes contre la Russie. Des mesures de soutien à la sécurité de l'Ukraine sont prévues, via l'OSCE dans un premier temps, en plus du soutien financier.

Les 28 chefs d’Etat réunis à Bruxelles jeudi pour le Conseil européen de printemps se sont mis d’accord tard dans la nuit pour des sanctions supplémentaires contre la Russie,  ainsi que sur une série de mesures destinées à répondre à la crise en Ukraine.

En comparaison aux nouvelles sanctions américaines décidées quelques heures plus tôt, l'ajout de 12 personnes sur la liste des persona non grata dans l'UE semble modeste.

« Ce n’était pas si facile d’arriver à un accord unanime sur l’échelle de sanctions, mais les 28 y sont parvenus avec fermeté »s'est néanmoins réjoui le Président François Hollande.

Les personnalités en question ont participé à l'organisation du référendum en Ukraine, ou sont proches du Kremlin.

La liste a été établie en coordination avec les Américains, qui ont de leur côté frappé parmi les proches de Vladimir Poutine, en ciblant notamment son responsable des équipes présidentielles.

La troisième étape des sanctions repoussée

Toute étape supplémentaire dans les sanctions potentielles est repoussée aux calendes grecques : le Conseil a demandé à la Commission de se pencher sur la question des secteurs économiques qui affecteraient plus ou moins les Européens. Mais un nouveau Conseil serait nécessaire pour lancer de telles sanctions. Et certains Etats membres ne semblent pas prêts à les envisager, à l'instar de la Bulgarie.

Risque de division

L'embargo russe sur le porc européen a déjà divisé les européens, certains ayant tenté de rétablir des relations bilatérales avec la Russie de manière individuelle, provoquant la colère de la Commission européenne. 

La question des sanctions économiques peine à faire l’unanimité chez les Européens. Leur impact économique serait en effet très différent d’un pays à l’autre.

>>Lire aussi  : Les sanctions contre la Russie à double tranchant pour l’UE

Les ex satellites de l’URSS, dont les économies sont plus proches de la Russie, s’interrogent clairement sur le bien fondé de telles mesures.

L'UE a besoin de la Russie

Reste à trouver le juste équilibre entre sanctions et désescalade, les Européens favorisant clairement la solution diplomatique, et uniquement diplomatique.

>>Lire l’interview d’Hannes Swoboda : « Nous ne voulons pas de guerre avec la Russie »

Comme l'a rappelé Martin Schulz, le président du Parlement européen, l'UE aussi conscience d’avoir besoin de la Russie.

Le fait accompli

« Il faut réfléchir à ce qui nous rapproche et à ce qui nous sépare. Mais soyons réalistes, nous avons besoin de la Russie sur le dossier syrien comme sur le dossier iranien » a rappelé Martin Schulz.

« Le gouvernement russe est désormais responsable d’un « fait accompli », nous devons le prendre en compte à néanmoins souligné le dirigeant socialiste.

Ce qui semble clair, c'est que l’ambiance entre chefs d’Etat a changé étant donné la gravité de la situation, qu'ils ne cessent tous de souligner.

Le Conseil a aussi prévu de signer, au plus vite et sans doute d’ici cet été, l'accord d’association définitif avec la Georgie et la Moldavie, avant des élections prévues à l'automne.