Les chambres d’agricultures cherchent des alliés sur la PAC

Au cours d’une visite à Varsovie et à Prague, le président de l’APCA a tenté de trouver des points communs avec ses homologues polonais et tchèques.

EURACTIV.fr

Au cours d’une visite à Varsovie et à Prague, le président de l’APCA a tenté de trouver des points communs avec ses homologues polonais et tchèques.

Alors que le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, tente de rassembler une majorité d’États autour de la position franco-allemande sur l’avenir de la politique agricole commune, les organisations agricoles tâchent aussi de trouver des soutiens européens. 

Au cours d’un voyage à Prague et à Varsovie, du 8 au 10 mars, le président de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), Guy Vasseur, a rencontré ses homologues tchèque et polonais. «Ces deux pays de l’Est comptent dans le concert politique européen», explique-t-il.

Les paysans des trois pays ont facilement trouvé un terrain d’entente sur certains sujets, comme le budget de la future PAC, qui devra être «ambitieux», selon les communiqués franco-polonais et franco-tchèque

Préférence communautaire

Ils sont aussi tombés d’accord sur une simplification des critères environnementaux que doivent respecter les agriculteurs pour toucher une aide européenne. «Nous craignons que le « verdissement » (…) aille dans le sens contraire de la simplification», peut-on lire dans le communiqué franco-polonais. «Le verdissement ne doit pas se traduire par de nouvelles mesures», soulignent les deux textes.

Tous trois appuient également sur l’importance de la «préférence communautaire», qui consiste à exiger des produits importés dans l’UE les mêmes normes que celles imposées aux producteurs européens.

En revanche, les discussions entre les paysans polonais, français et tchèques ont été plus difficiles sur l’harmonisation des aides européennes accordées aux agriculteurs. Actuellement, ces subventions peuvent varier du simple au quintuple. Alors qu’un producteur letton touche environ 100 euros par hectare, un homologue grec perçoit cinq fois plus d’argent. 

« Du temps »

Les nouveaux États membres, dont les producteurs touchent des aides plus faibles que ceux qui habitent dans les anciens, demandent que la situation change. «Nous avons discuté longuement sur ce point», reconnaît M. Vasseur. «Nous ne sommes pas du tout opposés à un rapprochement [des aides] si cela se fait dans l’équité et dans une démarche juste», poursuit-il. 

Le président des chambres d’agriculture estime qu’une telle démarche demandera «du temps». «L’équité totale des aides ne peut pas avoir lieu dès 2014», estime-t-il.

Mais les communiqués publiés par l’APCA avec ses partenaires restent relativement vagues sur ce point. «Des critères objectifs pourraient être utilisés afin de parvenir à une distribution équitable des aides et des enveloppes nationales entre États membres», précise le texte franco-polonais. 

En revanche, pas une ligne dans le texte franco-tchèque sur ce thème. Il faut dire que la convergence des aides accordées aux producteurs est l’une des priorités de Prague pour la prochaine politique agricole commune. La République tchèque se montre particulièrement inflexible sur ce point. 

« Questions dogmatiques »

Autre point conflictuel : la limitation, ou plafonnement, des aides européennes pour les grandes exploitations, à laquelle les Polonais et les Tchèques sont fermement opposés. «Nous ne sommes pas contre le plafonnement», affirme pour sa part Guy Vasseur. Il explique que le plafonnement ne doit pas constituer un «point de blocage» des futures négociations sur la PAC. 

«Nous préférons avoir des outils de régulations plutôt que d’être bloqués sur des questions dogmatiques [comme le plafonnement des aides]», précise-t-il. 

Le président de l’APCA prévoit de se rendre à nouveau en Pologne dans les prochains mois, afin d’«affiner» la position franco-polonaise. En mai, il visitera la Hongrie et l’Autriche pour discuter de l’avenir de la politique agricole commune avec ses homologues.