LES CAPITALES
Les Capitales : Entretien avec l’envoyé spécial de l’UE pour les sanctions
Aujourd’hui dans Les Capitales : entretien avec l’envoyé de l’UE pour les sanctions, la mafia italienne s’empare des fonds de relance de l’UE, vote de confiance crucial pour Donald Tusk au parlement polonais, et Bruxelles exprime ses réserves sur la loi d’amnistie catalane en Espagne.
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À LA UNE
Bruxelles doit renforcer ses sanctions contre Moscou, même seule, selon David O’Sullivan.
Pendant les premières années de la guerre en Ukraine, la coordination entre l’Union européenne et les États-Unis, sous la présidence de Joe Biden, avait permis un alignement étroit des mesures prises contre Moscou.
Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche il y a six mois, il est devenu beaucoup plus difficile d’obtenir des Américains qu’ils acceptent de nouvelles mesures de rétorsion contre la Russie.
Mardi 10 juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, ont proposé un nouveau train de sanctions européennes.
Ce paquet, le 18e depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, prévoit notamment l’interdiction d’utiliser les infrastructures du gazoduc Nord Stream et une baisse du plafond du prix du pétrole russe acheminé par voie maritime, de 60 à 45 dollars le baril.
Lors d’un entretien avec Euractiv, David O’Sullivan, l’envoyé spécial de l’UE pour la mise en œuvre des sanctions, a indiqué qu’il serait préférable de s’accorder sur un nouveau plafond avec les États-Unis et les autres membres du G7. Mais en cas de désaccord, l’UE devra décider si elle met en œuvre seule ces mesures.
« Si les Américains décidaient de ne pas mettre en place de sanctions supplémentaires — ce que j’espère qu’ils ne feront pas, mais s’ils le faisaient —, je pense que l’UE aurait tout intérêt à maintenir ses propres sanctions, car je pense qu’elles ont un impact considérable », a déclaré David O’Sullivan.
« Nos sanctions ont un impact économique plus important pour la Russie », a ajouté le haut fonctionnaire.
Lire l’interview réalisée par Eddy Wax et Thomas Moller-Nielsen.
ROME
Comment la mafia italienne s’empare discrètement des fonds de relance européens. Avec plus de 200 milliards d’euros alloués, l’Italie est la principale bénéficiaire du plan de relance post-Covid de l’Union européenne. Pourtant, ce qui devait incarner un renouveau pour le pays risque, de se transformer en gouffre de gaspillage, de corruption et d’infiltration mafieuse en raison d’un manque de contrôle. Alessia Peretti a mené l’enquête.
VARSOVIE
Pologne : le gouvernement face à un vote de confiance au parlement cette après-midi. Le Premier ministre polonais Donald Tusk affronte ce mercredi 11 juin un vote de confiance décisif au parlement. En jeu : la survie de sa coalition gouvernementale, fragilisée par des tensions internes, et la possibilité d’élections anticipées qui pourraient profiter au parti conservateur Droit et Justice (PiS). Un article de notre correspondante en Pologne, Aleksandra Krzysztoszek.
MADRID
Espagne : Bruxelles exprime ses préoccupations concernant la loi d’amnistie pour les Catalans. Dans un projet d’avis non contraignant divulgué mardi 10 juin par la presse espagnole, la Commission européenne exprime des réserves sur la loi d’amnistie adoptée en faveur des séparatistes catalans. Elle pointe notamment le risque de l’octroi d’une immunité judiciaire en échange d’un soutien politique. Inés Fernández-Pontes depuis Madrid.
BRUXELLES
Blanchiment de capitaux. La Commission européenne a actualisé, mardi 10 juin, sa liste des pays présentant un risque élevé en matière de blanchiment de capitaux. Les Émirats arabes unis en ont été officiellement retirés, confirmant ainsi les informations précédemment rapportées par Euractiv. Dix nouveaux pays y font leur entrée : l’Algérie, l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Laos, le Liban, Monaco, la Namibie, le Népal et le Venezuela. Leur inscription implique un renforcement des obligations de vigilance pour les entités financières de l’UE opérant avec ces juridictions.
COPENHAGUE
Copenhague veut interdire les réseaux sociaux aux enfants en raison des craintes liées à la « collecte de données ». Le Danemark envisage d’interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Dans une interview accordée à Euractiv, la ministre danoise du Numérique, Caroline Stage Olsen, explique. Lire l’interview de Anupriya Datta.
Parallèlement, en France, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il donnait quelques mois à l’Union européenne pour prendre les mêmes mesures, faute de quoi Paris agirait de son côté dans ce domaine. Bruxelles a rejeté son appel.
VIENNE
Une fusillade fait plusieurs morts dans une école en Autriche. Une fusillade est survenue ce mardi 10 juin dans une école de Graz, dans le sud-est de l’Autriche, faisant plusieurs morts. Euractiv.
PRAGUE-BRATISLAVA
Les ministres tchèque et slovaque des Affaires étrangères se rencontrent sur fond de désaccord concernant l’Ukraine. En dépit des tensions, la diplomatie a prévalu lorsque le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, et son homologue slovaque, Juraj Blanár, se sont retrouvés mardi 10 juin en Slovaquie dans le but de rétablir des relations mises à mal par leurs divergences sur la guerre en Ukraine. Par Aneta Zachová et Natália Silenská.
BUDAPEST
La Hongrie se joint aux appels à revoir le cadre de la CEDH. La Hongrie a rejoint l’initiative lancée par le Danemark et l’Italie — révélée par Euractiv le mois dernier — visant à ouvrir un débat politique sur l’interprétation de la Convention européenne des droits de l’Homme par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Actuellement, il est « presque impossible d’expulser les migrants illégaux ayant commis des crimes graves », déplore le ministre hongrois des Affaires européennes, János Bóka, sur X. « Cela doit cesser ! »
Rome et Copenhague avaient déjà été rejoints par d’autres pays partisans d’une politique migratoire stricte dans cette initiative que le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a dénoncée comme une tentative de « politisation » de la CEDH.
En Hongrie, la détresse de trois médias dans le viseur du pouvoir. « Une arme politique » pour museler la presse indépendante : le projet de loi visant à sanctionner les médias « financés depuis l’étranger » suscite l’émoi en Hongrie, dans un paysage transformé par les quinze années de pouvoir de Viktor Orbán. Euractiv France avec AFP.
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Basé sur la version en anglais The Capitals, par Eddy Wax et Nicoletta Ionta.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]