Les Capitales : Donald Trump et Bill Gates en visite en Europe

Aujourd’hui dans Les Capitales : Trump et Gates demandent à l’UE de mettre la main au portefeuille, l’UE divisée sur les suites à donner à la révision de l’accord d’association avec Israël, la Slovaquie prête à soutenir les sanctions contre Moscou, et les socialistes allemands veulent interdire l’AfD.

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À LA UNE

Le président américain Donald Trump et son compatriote Bill Gates sont attendus en Europe ce mardi 24 juin, chacun pour convaincre l’Union européenne de dépenser davantage — mais dans des domaines très différents.

Bill Gates prendra la parole au Parlement européen en début de soirée (17 h 45 – 18 h 45), à la veille d’un sommet crucial qui se tiendra à Bruxelles sur le financement de l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) — dont la fondation Bill et Melinda Gates est l’un des principaux donateurs.

De son côté, Donald Trump, qui a annoncé dans la nuit un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël, arrive ce soir sur le continent pour un dîner de l’OTAN et un sommet à La Haye mercredi. Il a réussi à convaincre les membres européens de l’OTAN à dépenser davantage pour leur propre défense, même si l’Espagne est parvenue à négocier une dérogation à l’objectif de l’Alliance que chaque État membre consacre 5 % de son PIB national à la défense.

Mais alors que les dépenses de défense augmentent, les dépenses pour l’aide au développement, elles, diminuent.

Le moment fort de la visite de Bill Gates à Bruxelles sera le sommet de mercredi concernant les « promesses de dons » pour les vaccins. Le Gavi cherche à réunir 9 milliards de dollars pour les cinq prochaines années afin de financer les efforts mondiaux en matière de vaccination, et espère sans doute que les donateurs européens pourront combler une partie du déficit laissé par la réduction drastique du budget de l’aide étrangère américaine, auparavant le plus important au monde, sous l’administration Trump.

Toutefois, Bill Gates pourrait se heurter à une Europe moins réceptive qu’auparavant à son plaidoyer sur les vertus des investissements dans la santé mondiale.

Dans un contexte de « concurrence géostratégique acharnée » — selon les termes utilisés par Ursula von der Leyen en janvier — plusieurs États membres de l’UE réduisent les portefeuilles autrefois bien garnis liés au développement.

Et la Commission européenne, sous la houlette d’un commissaire aux Partenariats internationaux issu du secteur bancaire, transforme son propre budget d’aide étrangère en un instrument économique, ouvertement destiné à servir également les intérêts européens.

À quelques semaines de la présentation du projet de budget 2028-2034 de l’UE par la Commission, il sera intéressant de voir jusqu’où Bill Gates ira dans sa critique de la nouvelle obsession de l’UE pour les projets d’infrastructure et les retombées pour les entreprises européennes.


INSTITUTIONS EUROPÉENNES

L’UE hésite sur les suites à donner à sa révision de l’accord d’association UE-Israël. Bruxelles espère tirer parti d’une révision de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pour alléger les souffrances de la population de Gaza. Mais les États membres restent profondément divisés sur les mesures à adopter. Par Alexandra Brzozowski.

Cessez-le-feu Israël-Iran : l’UE salue une « étape importante vers la stabilité ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué mardi 24 juin l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, y voyant « une étape importante vers le rétablissement de la stabilité dans une région sous tension ». Un article de Vince Chadwick.

La Commission est devenue le « QG du PPE », affirment des eurodéputés après le fiasco de la directive anti-greenwashing. Des eurodéputés ont accusé la Commission européenne de devenir le porte-voix du Parti populaire européen (PPE), après l’échec des négociations sur le projet de loi visant à mieux encadrer les allégations environnementales des entreprises et de leurs produits. Eddy Wax nous en dit plus.

Fronde contre les mesures de simplification des lois de l’UE. Une coalition d’anciens commissaires européens et d’autres personnalités influentes a adressé une lettre aux institutions européennes pour les mettre en garde contre la refonte des législations du bloc dans une optique de simplification. La lettre vise le paquet Omnibus I de la Commission européenne, qui promet de rationaliser les règles afin de stimuler la compétitivité, et sur lequel les États membres se sont mis d’accord lundi 23 juin.

Les pays ont convenu que seules les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 450 millions d’euros devraient être soumises aux obligations prévues par les règles relatives à la publication d’informations en matière de durabilité des entreprises de la directive CSDDD.

Les signataires de la lettre, parmi lesquels on retrouve Josep Borrell (ancien Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité), Mary Robinson (ancienne présidente d’Irlande) et Tom de Bruijn (ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères), affirment que cette mesure risque de « démanteler le cadre règlementaire en matière de durabilité qui a été soigneusement élaboré au fil des ans ».

Ils exhortent plutôt les décideurs politiques à s’en tenir aux principes « non négociables » et aux engagements politiques qui ont fait de l’UE un leader mondial sur le plan social et environnemental.

Une autre intervention inattendue dans la lutte de l’UE pour l’assouplissement des règles en matière de déclaration (reporting en anglais) est celle de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE).

Elle a déclaré lundi aux députés européens de la commission de l’Économie (ECON) qu’« au lieu de supprimer toute obligation de reporting pour les entreprises en dessous d’un certain seuil », il faudrait plutôt prévoir un « reporting simplifié ».

Les données seraient utilisées pour aider à évaluer l’économie. « Nous devons disposer de suffisamment d’informations […] pour apprécier et déterminer les risques » pour la « stabilité des prix et la stabilité financière » de l’UE, a-t-elle ajouté.

L’UE et le Canada renforcent leur coopération face à l’imprévisible Trump. L’UE et le Canada ont signé lundi 23 juin à Bruxelles un accord pour renforcer leur coopération en matière de défense et de commerce, dans un contexte d’incertitude sur la fiabilité des États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Euractiv France avec AFP.


LES CAPITALES

SLOVAQUIE

La Slovaquie prête à soutenir de nouvelles sanctions contre Moscou, en échange de garanties. La Slovaquie se dit prête à soutenir le 18e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, à condition d’obtenir des garanties pour protéger son économie. Un article de notre correspondante en Slovaquie, Natália Silenská.

ALLEMAGNE

Les sociaux-démocrates allemands poussent pour l’interdiction de l’AfD. Le Parti social-démocrate (SPD) — partenaire minoritaire de la coalition CDU/CSU-SPD au pouvoir en Allemagne — a déclaré qu’il allait demander l’ouverture d’une procédure visant à interdire le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Leurs chances de succès semblent minces, le chancelier Friedrich Merz (CDU) lui-même s’était auparavant dit « sceptique » quant à une interdiction, qui selon lui s’apparente à « éliminer la concurrence ».

Droits de douane : la stratégie européenne de négociation est « trop compliquée », déplore Friedrich Merz. Le chancelier allemand Friedrich Merz a critiqué lundi 23 juin l’approche de l’Union européenne dans les négociations commerciales avec les États-Unis, la qualifiant de « beaucoup trop compliquée ». Euractiv France avec AFP.

ROUMANIE

Le nouveau gouvernement roumain approuvé. Le parlement roumain a approuvé lundi 23 juin un nouveau gouvernement dirigé par le libéral Ilie Bolojan.

Le programme de la coalition composée de quatre partis pro-européens — PSD, PNL, USR et UDMR — est axé sur des mesures d’austérité visant à réduire le déficit budgétaire du pays, qui dépasse actuellement 9 %, et à préserver le financement prévu dans le cadre du plan national pour la relance et la résilience.

POLOGNE

Une tentative d’assassinat de Volodymyr Zelensky déjouée en Pologne. Les autorités ukrainiennes et polonaises ont dévoilé qu’un projet d’attentat contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait été déjoué en avril 2024 sur le sol polonais. Par notre correspondante à Varsovie, Aleksandra Krzysztoszek.

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

Fraude aux fonds européens : Andrej Babis sera rejugé en République tchèque. La relaxe dans une affaire de fraude aux fonds de l’UE de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis, favori des législatives à venir en octobre, a été annulée lundi 23 juin, ouvrant la voie à un nouveau procès. Euractiv France avec AFP.


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Basé sur la version en anglais The Capitals, par Eddy Wax et Nicoletta Ionta.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]