Les candidats peinent à s'affranchir du duel entre LREM et RN

Malgré les 34 listes candidates le 26 mai, la débat électoral est resté focalisé par le duel qui oppose La République En Marche et le Rassemblement National.

EURACTIV.fr
Marine Le Pen et Emmanuel Macron en 2017
EPA-EFE/IAN LANGSDON

Malgré les 34 listes candidates le 26 mai, la débat électoral est resté focalisé par le duel qui oppose La République En Marche et le Rassemblement National.

Depuis le début de la campagne, qui a démarré très tard en France, l’opposition entre progressistes et nationalistes occupe la majorité du débat.

Lors d’une grande audition des 14 principales têtes de liste qui s’est tenu le 23 mai à la Maison de la Radio à Paris, chacun a tenté de sortir de l’écueil d’un duel qui ne laisse que peu de place au débat sur le fond des dossiers européens.

A deux jours du scrutin, le Rassemblement national semble se maintenir en tête des intentions de vote face à LREM selon les derniers sondages, qui créditent le parti de Marine Le Pen de 23% à 25%, contre 22 à 23,5% au parti d’Emmanuel Macron.

Sortir du duel

Pendant 4 heures, les candidats ont répondu chacun leur tour aux questions des journalistes et représentants de think tank, dans les studios de la Maison de la radio.

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique a rappelé que les candidats de LREM et du RN élus siègeraient  « dans des tout petits groupes » au Parlement européen », une situation qui ne leur permettra pas de changer la donne politique.

« On cherche à vous faire croire que ces élections sont un match entre le RN et LREM. Mais la vérité c’est que les deux partis iront siéger dans des petits groupes au Parlement européen. La seule manière de faire changer la politique européenne c’est que les sociaux-démocrates reprennent la présidence de la Commission, dirigée depuis trop longtemps par des libéraux et la droite ! » a souligné le candidat, dont la liste est créditée de 5% des intentions de vote, soit le seuil électoral fixé par la loi française pour envoyer des élus au Parlement européen.

L’issue surprise du duel entre les libéraux et les populistes aux Pays-Bas, où le parti travailliste de Frans Timmermans a finalement remporté le scrutin présage d’une possible surprise en France, a estimé Raphaël Glucksmann après l’annonce des résultats. « Les sondages disaient c’est un match entre libéraux et populistes. Tout le monde répétait ça en chœur, et qui a gagné ? La troisième voix, sociale et écologiste », a-t-il souligné.

LREM et RN au coude-à-coude

Pour la candidate LREM, Nathalie Loiseau, le groupe des futurs élus du parti macroniste au Parlement européen sera au contraire celle de « faiseur de rois ».  « Nous allons constituer un nouveau groupe, et la réalité c’est que le Parlement européen  de lundi ne ressemblera pas à celui d’aujourd’hui.  Et les mastodontes ( PPE et S&D)  sont en mauvaise forme » a-t-elle martelé.

« Je préférerais de loin être au coude à coude avec d’autres partis pro-européens qui ont d’autres programmes. Et parler de notre vision de l’Europe plutôt que d’être dans ce duel avec le RN » a regretté la candidate LREM Nathalie Loiseau. « Mais si le RN nous devance, ce sera  un échec pour les Français »

Un dialectique dans laquelle est aussi rentré Jordan Bardella, qui a de nouveau appelé à un vote sanction contre la majorité. « Ces élections sont aussi un référendum contre Emmanuel Macron, car c’est la première élection nationale depuis l’élection présidentielle » a rappelé le candidat, qui mène la liste du Rassemblement national.

Les autres candidats ont tenté de tirer leur épingle du jeu en abordant d’autre thèmes, mais tous ont du se positionner par rapport au duo de tête.

Benoit Hamon, le candidat de Génération-s a dénoncé la décorrélation entre le débat français et le débat européen. « Dans les faits, ceux qui se distinguent sur la scène nationale pendant cette campagne se retrouveront certainement dans le même groupe au Parlement européen » a dénoncé le candidat, faisant allusion à la possible alliance entre les Verts, les socialistes et les libéraux au Parlement européen.

Yannick Jadot, la tête de liste de la liste d’Europe Ecologie Les Verts est venu défendre son programme écologiste. Crédité de 8,5% des intentions de vote, le parti vert ne semble pourtant pas profiter de la dynamique autour du climat, que les deux principaux concurrents du scrutin ont reprise à leur compte dans leur programme.

Autre candidate dont la liste affiche des intentions de vote similaires, Manon Aubry (Le France Insoumise) a quant à elle rappelé que son parti était résolument de gauche. « Oui je suis de gauche, il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus », a-t-elle martelé, alors qu’un élu LFI a récemment provoqué un tollé en appelant à voter pour le Rassemblement national, seul parti selon lui à pouvoir s’opposer à Emmanuel Macron.

Les deux partisans du Frexit, Florian Philippot avec sa liste les Patriotes et François Asselineau de l’UPR ont quant à eux martelé qu’ils représentaient les seules listes proposant une sortie réelle de l’Union européenne et de l’euro, un projet auquel le parti de Marine Le Pen a renoncé progressivement. « On n’a jamais demandé aux Français s’ils souhaitaient sortir de l’Europe. Beaucoup de partis ont renoncé à sortir de l’UE dont le RN, pour des raisons électoralistes », a dénoncé Florian Philippot.

Le candidat des Républicains, François-Xavier Bellamy, a défendu une ligne ferme sur le contrôle migratoire. « Nous tenons au droit d’asile, mais accueillir n’a rien à voir avec ce que nous faisons aujourd’hui avec les blocages dans  lesquels nous sommes » a-t-il rappelé, défendant une externalisation du traitement de la demande d’asile.