Les batteries européennes en phase d'être les plus durables au monde, selon les législateurs

En vertu des nouvelles règles adoptées par les eurodéputés vendredi, les législateurs européens estiment que les batteries produites en Europe pourraient devenir les plus durables au monde.

Euractiv.com
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À l’heure actuelle, la Chine, le Japon et la Corée du Sud sont les plus grands producteurs de batteries au monde, plaçant l’Asie au premier rang des producteurs mondiaux de batteries pour véhicules électriques. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/chassis-electric-car-powertrain-power-connections-1901809216" target="_blank" rel="noopener">[Sergii Chernov/Shutterstock.com]</a>]

En vertu des nouvelles règles adoptées par les eurodéputés vendredi, les législateurs européens estiment que les batteries produites en Europe pourraient devenir les plus durables au monde.

La nouvelle réglementation sur les batteries permettrait non seulement à l’Union européenne d’atteindre ses objectifs environnementaux, mais aussi de soutenir le marché naissant des batteries. Les Européens cherchent en effet à concurrencer les géants asiatiques et américains dans ce domaine.

À l’heure actuelle, la Chine, le Japon et la Corée du Sud sont les plus grands producteurs de batteries au monde, plaçant l’Asie au premier rang des producteurs mondiaux de batteries pour véhicules électriques. L’Amérique du Nord est le deuxième plus grand producteur, l’Europe occupant la troisième place.

Les règles fraîchement adoptées vendredi (9 décembre) couvriront l’ensemble du cycle de vie des batteries, de l’extraction des matières premières à l’élimination en fin de vie, en passant par la production industrielle.

Le négociateur en chef, Achille Variati, un eurodéputé italien du groupe de centre gauche S&D, a déclaré que les mesures convenues « pourraient devenir une référence pour l’ensemble du marché mondial des batteries ».

« Nous nous sommes mis d’accord sur des mesures qui profitent grandement aux consommateurs : les batteries fonctionneront bien, seront plus sûres et plus faciles à retirer », a-t-il déclaré.

« Notre objectif global est de construire une industrie européenne du recyclage plus forte, en particulier pour le lithium, et un secteur industriel compétitif dans son ensemble, ce qui est crucial dans les décennies à venir pour la transition énergétique et l’autonomie stratégique de notre continent », a-t-il ajouté.

Le règlement s’appliquera à toutes les batteries vendues dans l’UE, de celles transportables dans les appareils électroniques aux batteries des véhicules électriques en passant par les batteries utilisées dans les trottinettes et vélos électriques.

Dans le cadre de la réglementation, les batteries des véhicules électriques et trottinettes électriques, et les batteries industrielles de plus grande taille devront afficher une « déclaration d’empreinte carbone », indiquant la quantité de carbone nécessaire à leur production.

Les batteries portables devront également être faciles à retirer et à remplacer. Certains fabricants, notamment le fabricant de l’iPhone, Apple, se sont opposés à cette exigence.

Afin de mieux informer les consommateurs, les batteries devront contenir des codes QR renvoyant à des informations relatives à leur capacité, leurs performances, leur durabilité et leur composition chimique.

Le respect des critères de production écologique de l’UE sera une condition préalable à la vente d’une batterie au sein de l’Union.

Selon les prévisions, d’ici à 2030, les besoins en batteries dans l’Union européenne seront 14 fois plus importants qu’aujourd’hui.

Devoir de vigilance

L’extraction des métaux utilisés dans la production des batteries a donné lieu à des controverses.

En 2016, Amnesty International a provoqué une onde de choc dans le secteur technologique en publiant un rapport révélant que 35 000 enfants travaillaient dans des mines de cobalt en République démocratique du Congo, premier producteur mondial de ce métal.

Le rapport a suscité de vives critiques de la part des législateurs et des consommateurs, et l’industrie a promis de lutter contre les dérives au sein de la chaîne d’approvisionnement.

En vertu des nouvelles règles, toutes les entreprises mettant des piles sur le marché européen doivent avoir une « politique de devoir de diligence » portant sur les abus dans l’approvisionnement en matières premières.

Afin de réduire la quantité de ressources qui doivent être importées dans l’Union, l’UE a également relevé les objectifs de collecte et de recyclage.

L’accord prévoit que les nouvelles batteries doivent contenir un pourcentage déterminé de matériaux recyclés : 16 % de cobalt, 85 % de plomb, 6 % de lithium et 6 % de nickel.

Les législateurs ont également fixé des objectifs de collecte ambitieux pour les batteries transportables afin de garantir un flux constant de matériaux recyclés. Conformément aux règles, les objectifs de collecte passeront de 45 % en 2023 à 73 % en 2030.

Pour les véhicules électriques, l’objectif de collecte est fixé à 100 %.

Réactions

Le groupe de centre droit PPE a salué l’accord, estimant qu’il est nécessaire pour permettre à l’Europe d’être compétitive sur la scène mondiale des batteries.

« Malheureusement, l’UE est à la traîne dans la production de batteries, ce qui nous rend vulnérables à la concurrence industrielle de l’Asie et des États-Unis. Avec cet accord, nous faisons un nouveau pas en avant pour renforcer la compétitivité européenne », a déclaré l’eurodéputée conservatrice Jessica Polfjard.

Les Verts ont également salué l’accord, faisant valoir qu’il est nécessaire pour faire évoluer l’Europe vers une économie plus circulaire.

« En fixant des objectifs tant du côté de l’offre que de la demande, nous créons un marché pour les matériaux recyclés. Non seulement nous devons ouvrir moins de nouvelles mines, mais cela signifie également que la montagne toujours croissante de déchets électroniques est appréhendée et qu’elle sera utilisée comme une nouvelle matière première à l’avenir », a déclaré l’eurodéputé des Verts Bas Eickhout.

Bien que l’eurodéputé néerlandais estime que les objectifs de recyclage auraient pu être plus ambitieux, il a salué la volonté de mettre l’accent sur l’utilisation de matériaux de récupération comme étant « un bon début ».

Le groupe centriste Renew a déclaré que la nouvelle réglementation « est une victoire pour nous et pour le climat ».

« Au lieu de jeter vos vieux appareils électroniques, il sera plus facile de remplacer les batteries usagées par de nouvelles batteries recyclées », a déclaré l’eurodéputée suédoise Karin Karlsbro.

Le commissaire à l’Industrie, Thierry Breton, a tenté de présenter le règlement comme un soutien à la force de production européenne. Il a déclaré que le nouvel accord garantirait que les entreprises européennes ne soient pas « de simples sous-traitants » sur le marché mondial.

L’accord va maintenant être soumis au Parlement et au Conseil en vue de son approbation finale.