Les banques centrales à la rescousse des marchés mondiaux

Six grandes banques centrales, dont la Banque centrale européenne, ont annoncé des mesures concertées pour prévenir un assèchement du crédit au niveau mondial.

EURACTIV.fr

Six grandes banques centrales, dont la Banque centrale européenne, ont annoncé des mesures concertées pour prévenir un assèchement du crédit au niveau mondial.

En marge de la réunion des ministres européens des Finances, mercredi 30 novembre, les banques centrales de six grandes puissances économiques ont déclaré qu’elles prendraient des mesures concertées pour maintenir à flot les liquidités mondiales.

Un signal fort et inattendu pour éloigner la menace d’une récession qui a fait bondir les Bourses européennes. L’indice CAC 40 a terminé en hausse de 4,22%, Londres a gagné 3,16% et Francfort 4,98%. Wall Street a également clôturé sur une hausse de plus de 4% et l’indice S&P 500 a enregistré sa meilleure performance quotidienne depuis le mois d’août.

Dans le même temps, la Banque populaire de Chine a décidé de réduire le ratio de réserves obligatoires des établissements financiers afin d’apaiser les tensions sur le marché du crédit et soutenir l’activité économique qui connaît son rythme de croissance le moins fort depuis 2009.

Swap de devises

En abaissant d’un demi-point, à compter du 5 décembre et jusqu’au 1er février 2013, le coût des échanges (« swaps ») de liquidités en dollar, la BCE, la Réserve fédérale américaine et les banques centrales suisse, britannique, canadienne et japonaise veulent permettre aux banques de se refinancer sans difficulté en devise étrangère.

Dans le contexte d’incertitude actuel, les banques rechignent à se prêter les unes aux autres et les établissements européens, en particulier, ont du mal à se financer sur les marchés. A terme, un accès restreint à la liquidité pourrait se traduire par une raréfaction du crédit.

« L’objet de ces décisions est d’apaiser les tensions sur les marchés financiers et par là d’atténuer les effets de telles tensions sur l’offre de crédit aux ménages et aux entreprises et en cela de soutenir l’activité économique », peut-on lire dans un communiqué commun.

A défaut de pouvoir se financer sur le marché interbancaire, les banques européennes pourront donc emprunter directement en dollars auprès de la BCE à moindre coût.

Euphorie passagère

Ce n’est pas la première fois que la BCE s’allie à une autre grande banque centrale pour prévenir un assèchement du crédit. Elle l’avait fait avec la Réserve fédérale dès 2001, à la suite des attaques terroristes, et, en 2007 lors de la crise des ‘subprimes, ces crédits hypothécaires accordés massivement à des emprunteurs non solvables. La faillite de Lehman Brothers à l’automne 2008 avait également poussé les banques centrales à agir de concert pour apaiser la crise de confiance dans le système bancaire.

La réaction euphorique des marchés ne devrait être que passagère. La crise de la dette dans la zone euro reste une source d’inquiétude majeure et les dirigeants européens ne sont pas au bout de leur peine. En proposant, mardi 29 novembre, de se tourner vers le Fonds monétaire international, les ministres des Finances de la zone euro ont donné l’impression d’avoir épuisé toutes leurs cartouches.