Les autorités bruxelloises souhaitent que davantage de non-Belges participent aux élections locales
Bien que tous les non-Belges résidant en Belgique depuis au moins 5 ans aient le droit de voter aux élections communales depuis 2006, une majorité d’entre eux ne fait pas usage de ce droit — une situation que les autorités bruxelloises veulent désormais changer.
Bien que tous les non-Belges résidant en Belgique depuis au moins 5 ans aient le droit de voter aux élections communales depuis 2006, une majorité d’entre eux ne fait pas usage de ce droit — une situation que les autorités bruxelloises veulent désormais changer.
Le ministre bruxellois en charge des Pouvoirs locaux, Bernard Clerfayt (parti social-libéral francophone DéFI), a annoncé dans un communiqué de presse lundi (18 septembre) que les non-Belges devraient être encouragés à s’impliquer davantage dans les élections communales.
Le nombre de non-Belges à Bruxelles étant important, il est crucial d’un point de vue démocratique qu’ils exercent leur droit de vote, peut-on lire dans le communiqué de presse. En effet, sur les quelques 1,2 million d’habitants que compte la capitale, 36,9 % sont étrangers.
Toutefois, même si les ressortissants européens et non européens se sont vus accorder le droit de vote lors des élections communales en 2000 et 2006 respectivement, seuls 15 % d’entre eux ont voté lors des dernières élections communales de 2018.
M. Clerfayt a donc lancé un appel à projets aux associations pour développer des initiatives visant à informer les résidents étrangers sur le droit de vote, les compétences des communes, les conditions d’inscription pour les citoyens UE et non-UE et l’impact du vote sur leur vie quotidienne afin de les inciter à voter lors des prochaines élections communales.
🗳️ En RBC, l'inclusion de tous dans le processus électoral est primordiale.
Malheureusement, seuls 15% des non-Belges ont voté lors des élections communales en 2018. Pour changer cela, je lance un #appelàprojets pour sensibiliser et encourager les actions visant à inciter les… pic.twitter.com/K5ep0LLqBd
— Bernard Clerfayt (@BernardClerfayt) September 18, 2023
« Inclure tous les Bruxellois, y compris les non-Belges dans le processus électoral, c’est un enjeu démocratique. Ils participent activement à la société bruxelloise, il est donc normal qu’ils puissent aussi désigner leurs élus locaux », a déclaré M. Clerfayt.
Les initiatives peuvent prendre diverses formes, allant de séances d’information et de discussions de groupe à la confection de brochures, et seront financées par une enveloppe globale de 150 000 euros.
« Parmi ces Bruxellois, je suis persuadé que certains ne perçoivent pas l’intérêt du vote, ne sont pas assez renseignés sur le système électoral ou ne sont tout simplement pas au courant qu’ils ont le droit de voter », a ajouté le ministre.
En Belgique, le vote est obligatoire pour les Belges à partir de 18 ans, une amende de 25 à 125 euros étant possible si les citoyens n’exercent pas leur droit. Les étrangers doivent quant à eux s’inscrire sur une liste pour pouvoir voter.
Les non-Belges résidant en Belgique s’inquiètent notamment du fait qu’une fois inscrits sur les listes électorales, ils sont tenus de voter pour les prochaines élections, sous peine de se voir infliger une amende, au même titre que les Belges. C’est ce qu’a révélé une étude menée par Louise Nikolic, titulaire d’un doctorat en sciences politiques et sociales de l’Université libre de Bruxelles (ULB), rapportait Le Soir en 2018.
Le 9 juin 2024, les jeunes de 16 et 17 ans possédant la nationalité d’un État membre de l’UE seront également autorisés pour la première fois à voter pour les élections du Parlement européen. La Belgique devient ainsi le quatrième État membre de l’UE après Malte, l’Allemagne et l’Autriche à autoriser cette pratique.
Pour rappel, en Belgique, les élections européennes, fédérales et régionales auront lieu le 9 juin 2024, et les élections municipales le 13 octobre de la même année.