Les Allemands invités à faire des économies d’énergie pour réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie

Les Allemands doivent commencer à consommer moins d’énergie pour devenir plus indépendants des combustibles fossiles russes, alors que le plus grand pays d’Europe cherche des moyens de réduire sa dépendance à l’égard de Moscou.

EURACTIV.com avec Reuters
press conference on German Wind power
Confrontés à des réserves de gaz limitées et à la guerre menée par la Russie en Ukraine, les Allemands sont invités à faire des économies d'énergie avant Pâques. [EPA-EFE/FILIP SINGER]

Les Allemands doivent commencer à consommer moins d’énergie pour devenir plus indépendants des combustibles fossiles russes, a déclaré le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck, alors que le plus grand pays d’Europe cherche des moyens de réduire sa dépendance à l’égard de Moscou.

Tandis que les décès de civils continuent d’augmenter suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Allemagne subit des pressions pour se passer du gaz et du pétrole russes, les critiques affirmant que les recettes de ces importations fournissent à Moscou des fonds indispensables pour mener la guerre.

M. Habeck a déclaré que l’Allemagne pourrait devenir moins dépendante si les citoyens réduisaient leur consommation d’énergie, préconisant le train ou le vélo au lieu de la voiture dans la mesure du possible.

« Je demande à tout le monde de contribuer à l’économie d’énergie dès maintenant », a déclaré M. Habeck dans un entretien avec le groupe Funke Media.

Sa nouvelle coalition gouvernementale hésitant à recourir à des mesures obligatoires d’économie d’énergie, telles qu’une limitation de la vitesse sur les autoroutes, pour répondre à une guerre menée sur un sol étranger, M. Habeck a finalement décidé de lancer des appels aux Allemands.

« Chaque kilomètre non parcouru contribue à permettre de s’affranchir plus facilement de l’approvisionnement énergétique russe. Nous protégeons également le climat », a-t-il ajouté.

M. Habeck a déclaré qu’il était possible de réduire de 10 % la consommation d’énergie individuelle, ajoutant que les employeurs pouvaient y contribuer en donnant à leurs employés la possibilité de travailler à domicile.

« Dans la mesure du possible, on pourrait travailler à domicile un ou deux jours par semaine, dans un premier temps sur une base volontaire », a-t-il déclaré.

Les appels de M. Habeck à économiser le gaz interviennent après que des déclarations similaires aient été faites par le chef de l’Agence fédérale des réseaux, qui est récemment devenu un administrateur du groupe Gazprom Germania après sa nationalisation et qui est chargé de garantir la sécurité de l’approvisionnement en gaz.

« Pour ce qui est des niveaux de stockage, je dois le dire clairement : tout le monde est appelé à contribuer à l’économie de gaz dès aujourd’hui », a déclaré Klaus Müller, directeur de l’Agence de réseau, dans un entretien accordé à ntv.

Les niveaux de stockage de gaz en Allemagne sont d’environ 29 %, un niveau relativement bas pour cette période de l’année. Normalement, les stocks se remplissent de gaz russe bon marché pendant l’été, lorsque la demande est plus faible.

Les experts ont averti le gouvernement allemand de veiller à ce que les niveaux de stockage de gaz restent élevés afin d’être moins sensibles aux menaces russes au cours de l’hiver prochain. En mars, le gouvernement avait promulgué une loi qui prévoit que les stocks de gaz doivent être remplis à 90 % avant l’hiver.

En l’absence de stocks suffisants et en cas de coupure soudaine de l’approvisionnement en provenance de Russie, M. Habeck devrait prendre des décisions difficiles. Selon le plan allemand de sécurité de l’approvisionnement en gaz, les ménages et les établissements particuliers comme les écoles et les hôpitaux sont protégés des coupures de gaz.

En revanche, l’industrie serait mise à mal, mais personne ne peut encore prédire quels secteurs industriels perdraient leur accès au gaz dans ce scénario.

« Cependant, une situation avec des goulets d’étranglement de l’approvisionnement et la fermeture d’installations industrielles est un cauchemar en termes de politique économique. On ne peut vraiment rien faire de bien, seulement atténuer le mal », a confié M. Habeck à Funke.