Les agriculteurs espagnols bloquent la capitale et font pression sur le gouvernement

Plus de 500 tracteurs venus de plusieurs régions d’Espagne se sont rendus dans la capitale, où ils ont promis de poursuivre leur lutte jusqu’à ce que le Premier ministre Pedro Sánchez et sa coalition de gauche mettent en œuvre des mesures concrètes pour assurer la viabilité du secteur.

EFE avec EURACTIV.com
Farmers march in downtown Madrid
Le secrétaire général du COAG (organisation de coordination des associations d’agriculteurs et d’éleveurs), Miguel Padilla, a promis que la « lutte continuerait ». [[EPA-EFE/JP GANDUL]]

Plus de 500 tracteurs venus de plusieurs régions d’Espagne se sont rendus dans la capitale, où ils ont promis de poursuivre leur lutte jusqu’à ce que le Premier ministre Pedro Sánchez et sa coalition de gauche mettent en œuvre des mesures concrètes pour assurer la viabilité du secteur.

Le président de l’ASAJA (association des jeunes agriculteurs), Pedro Barato, a assuré que les associations d’agriculteurs du pays continueraient leurs manifestations jusqu’à ce que le gouvernement change ses politiques pour le secteur en difficulté, a rapporté EFE, le partenaire d’Euractiv.

« Nous devons nous mobiliser pour dire aux autorités publiques ce qu’elles ont fait de mal, ce qu’elles auraient pu faire de bien », a-t-il déclaré, faisant référence à des questions telles que l’assouplissement de la Politique agricole commune (PAC) ou l’importation de produits en provenance de pays tiers qui ne répondent pas à toutes les normes de l’UE.

Le secrétaire général du COAG (organisation de coordination des associations d’agriculteurs et d’éleveurs), Miguel Padilla, a promis que la « lutte continuerait ».

« Nous allons continuer à nous battre jusqu’à ce que les objectifs soient atteints parce que nous sommes dans une situation très difficile, et les associations manifestent lorsque nous avons épuisé la voie de la négociation et que nous devons montrer qu’il y a un problème », a-t-il déclaré à l’agence EFE.

Les manifestations nationales, qui ont débuté le 6 février et ont donné lieu à la mise en place de convois et de barrages routiers dans tout le pays, réclament des modifications de la Politique agricole commune de l’UE et demandent aux gouvernements locaux et nationaux de prendre des mesures pour garantir des revenus équitables dans un contexte de hausse des coûts de production.

Des manifestations similaires ont eu lieu dans plusieurs pays d’Europe au cours des dernières semaines.

Une « tractorada » massive

Depuis le début des manifestations des agriculteurs, des dizaines de marches et de rassemblements ont eu lieu dans les centres de logistique et de distribution pour réclamer des mesures de protection du secteur.

Les manifestants critiquent également les importations de produits agricoles en provenance de pays tiers qui ne répondent pas aux exigences de production de l’Union européenne.

La « tractorada » de mercredi (21 janvier) avait été annoncée deux jours plus tôt après que les syndicats agricoles eurent rejeté une liste de propositions du ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas (Parti socialiste ouvrier espagnol/PSOE, socialistes et démocrates/S&D), les qualifiant de « tromperie » et affirmant qu’« aucune de ces mesures ne résoudra aucun des problèmes » auxquels sont confrontés les agriculteurs espagnols.

De nombreux conducteurs de tracteurs ont passé la nuit à la périphérie de la ville, en attendant de participer à la manifestation qui s’est déroulée dans les rues de la capitale jusqu’au siège du ministère de l’Agriculture, situé en face d’Atocha, l’une des gares les plus fréquentées du pays.

Mais seule une petite partie des 500 tracteurs qui ont fait le déplacement a pu accéder au centre-ville pour manifester devant le bâtiment du ministère.

Outre la manifestation dans la capitale, des appels ont été lancés dans différentes parties du pays pour mercredi, seizième jour de manifestation.