L’envoi de chars Leclerc en Ukraine n’est « pas exclu », mais loin d'être acquis
Sans annoncer l’envoi de chars lourds français (chars Leclerc) à l’Ukraine, la Première ministre française Elisabeth Borne a rappelé mercredi au Sénat que « rien n’est exclu » en la matière, bien que la France pourrait décider d’envoyer d’autres équipements.
Sans annoncer l’envoi de chars lourds français (chars Leclerc) à l’Ukraine, la Première ministre française Elisabeth Borne a rappelé mercredi au Sénat que « rien n’est exclu » en la matière, bien que la France pourrait décider d’envoyer d’autres équipements, comme l’a indiqué le ministre des Armées.
Alors que l’Allemagne a décidé d’envoyer des chars lourds Léopard 2 à l’Ukraine, la France continue de temporiser en indiquant que « rien n’est exclu ». La Première ministre française, qui s’exprimait devant les sénateurs lors des questions au gouvernement mercredi (25 janvier), a « salué » la décision allemande et a rappelé la mobilisation de la France pour soutenir l’Ukraine « dans la durée » et « jusqu’à la victoire ».
Le gouvernement français revendique avoir créé une dynamique, étant donné que la livraison des chars Léopard allemands « vient compléter et amplifier le soutien en chars [légers] AMX10-RC », a indiqué l’Elysée.
Elisabeth Borne a rappelé les principes énoncés par le président de la République en matière d’envoi d’armement à Kiev, à savoir que l’aide apportée ne provoque pas d’escalade, qu’elle soit « utile et efficace rapidement » et que les capacités défensives françaises ne soient pas « significativement » affaiblies.
Le deuxième point fait l’objet de la plus grande attention, la question du risque d’escalade étant écartée avec l’envoi des chars lourds américains et allemands.
Se pose donc la question de savoir si les Ukrainiens seront formés suffisamment rapidement pour pouvoir manier des engins tels que les chars Leclerc, réputés comme étant plus difficiles à appréhender que les chars Léopard en raison du degré de technologie présente à bord. Aussi, la production étant à l’arrêt depuis une quinzaine d’années, la question des pièces de rechange et des obus compatibles se pose pour évaluer le critère de l’efficacité.
Le nombre de chars qui pourraient être livrés est aussi un enjeu. Entre 130 et 220 chars sont effectivement en état de marche selon les spécialistes – le chiffre réel demeure confidentiel.
Les chars Léopard sont autrement plus nombreux – « plus de 3 000 sur le territoire européen », jugeait le ministre français des Armées sur France 5, mercredi soir.
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a enfin déclaré que les Ukrainiens ont exprimé « davantage d’attentes […] sur la défense sol-air ou sur l’artillerie que sur les chars Leclerc », laissant entendre que la décision pourrait être prise de procéder à des livraisons de matériels autres. « La décision sera prise dans les jours qui viennent », a-t-il indiqué.
Le ministre a précisé que sur les 200 millions d’euros du fonds de soutien français à l’Ukraine, une centaine était encore disponible, ce qui permettrait aux autorités ukrainiennes d’acheter directement auprès des industriels français les équipements dont elles nécessitent.
Dans le monde politique l’idée d’une livraison de chars lourds est loin de séduire. Comme le rapportait EURACTIV France, Marine Le Pen s’oppose catégoriquement à la livraison d’armes lourdes, ce qui, selon elle, entraînerait de fait une escalade dans le conflit. Pour la gauche, le député La France insoumise Bastien Lachaud considère, sur les ondes de France inter, qu’ « aujourd’hui, la France n’a pas les moyens d’envoyer suffisamment de chars pour créer une différence ».