L’élection en Russie basée sur « la répression et l’intimidation », dénonce l’UE

La réélection de Vladimir Poutine à la présidence russe est basée sur « la répression et l’intimidation », a déclaré lundi (18 mars) à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

EURACTIV France avec AFP
European Union Foreign Ministers Council in Brussels
Le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

La réélection de Vladimir Poutine à la présidence russe est basée sur « la répression et l’intimidation », a déclaré lundi (18 mars) à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

L’élection présidentielle en Russie « n’a pas été un scrutin libre et juste », elle a été « basée sur la répression et l’intimidation », a souligné M. Borrell, peu avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

L’élection présidentielle en Russie, à l’issue de laquelle Vladimir Poutine a été réélu avec 87,29 % des voix, « a eu lieu dans un contexte de fortes restrictions, exacerbé par la guerre d’agression illégale de la Russie contre l’Ukraine », a souligné le chef de la diplomatie de l’UE, dans une déclaration publiée lundi matin.

« Les autorités russes ont continué à accroître la répression systématique » en Russie, en s’en prenant à l’opposition, à la société civile, aux médias indépendants et « et à d’autres voix critiques en ayant recours à une législation répressive et à des peines de prison décidées pour des raisons politiques », dénonce encore l’UE dans cette déclaration.

L’Union européenne souligne également qu’elle ne reconnaîtra pas le résultat des élections « illégales » qui ont eu lieu dans les territoires ukrainiens sous contrôle russe. « Elles sont nulles et non avenues et ne peuvent produire aucun effet légal », estiment les Vingt-Sept.

Le maître du Kremlin, au pouvoir depuis près d’un quart de siècle, a vu son score bondir de 10 points par rapport à 2018. Les résultats officiels doivent être annoncés jeudi.

De la Chine à Cuba, les alliés du président russe Vladimir Poutine ont été prompts à saluer sa réélection à plus de 87 % — un « record » selon la Commission électorale russe — tandis que les Occidentaux ont dénoncé un simulacre de démocratie.

Paris a regretté lundi matin que « les conditions d’une élection libre, pluraliste et démocratique » n’aient pas été « une nouvelle fois » réunies en Russie. Le ministère français des Affaires étrangères a salué « le courage des nombreux citoyens russes ayant manifesté pacifiquement leur opposition à cette atteinte à leurs droits politiques fondamentaux ».

L’Allemagne a pour sa part dénoncé « une élection sans choix » montrant « l’action infâme de Poutine contre son propre peuple ». En outre, a ajouté la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, « organiser de soi-disant élections dans certaines parties de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie est contraire au droit international ».

« L’élection en Russie a été une élection sans choix », a estimé lundi la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, avant une réunion avec ses homologues de l’Union européenne à Bruxelles.

Alors que la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine vient d’entrer dans sa troisième année, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé dimanche soir que la présidentielle russe n’a « aucune légitimité ».

Vladimir Poutine est « ivre de pouvoir et fait tout ce qu’il peut pour régner éternellement », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Londres a déploré l’absence d’élections « libres et équitables » en Russie, le chef de la diplomatie britannique David Cameron dénonçant sur X « l’organisation illégale d’élections sur le territoire ukrainien, l’absence de choix pour les électeurs » et « l’absence de contrôle indépendant de l’OSCE », l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Les alliés de Vladimir Poutine ont pour leur part salué la victoire de l’homme fort de Russie.

« Votre réélection prouve le plein soutien des Russes », a estimé lundi le président chinois Xi Jinping dans un message de félicitations à son homologue, rapporté par la télévision d’État chinoise CCTV.

Le ministère chinois des Affaires étrangères s’est dit convaincu que les relations « continueront à progresser » entre les deux pays, « partenaires de coopération stratégique globale » qui marquent cette année le 75e anniversaire de leurs relations diplomatiques.

En Iran, le président Ebrahim Raïssi « a sincèrement félicité Vladimir Poutine pour sa solide victoire et sa réélection à la présidence de la Fédération de Russie », a indiqué l’agence de presse officielle Irna.

Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba et de Bolivie ont félicité M. Poutine. « Notre frère aîné a triomphé, ce qui est de bon augure pour le monde », a estimé le président vénézuélien Nicolas Maduro.

En Serbie, Milorad Dodik, président de l’entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska, a salué sur X la victoire d’« un ami sur lequel nous pouvons compter ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]