Législatives : la France à la recherche d'une coalition « à l'européenne »

Le Nouveau Front populaire (NFP) a obtenu une victoire inespérée au second tour des élections législatives, mais la coalition des partis de gauche pourrait déjà être menacée, alors que des alliances au centre seront nécessaires pour former une nouvelle majorité, comme au Parlement européen.

Euractiv France
Le chef de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, après le résultat du second tour des législatives du 7 juillet 2024
Le chef de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, après le résultat du second tour des législatives du 7 juillet 2024 [EPA-EFE/ANDRE PAIN]

Le Nouveau Front populaire (NFP) a obtenu une victoire inespérée au second tour des élections législatives, mais la coalition des partis de gauche pourrait déjà être menacée, alors que des alliances au centre seront nécessaires pour former une nouvelle majorité, comme au Parlement européen.

Les forces de gauche rassemblées au sein du Nouveau Front populaire (NFP) sont arrivées en tête des élections législatives du dimanche 7 juillet et obtiennent 182 députés sur les 577 que compte l’Assemblée nationale, mais elles seront incapables de former seule une nouvelle majorité.

« Le président de la République doit s’incliner et admettre cette défaite sans tenter de la contourner de quelque façon que ce soit », a expliqué le chef de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, quelques minutes après l’annonce des résultats, refusant « d’entrer dans des négociations » avec la coalition Ensemble d’Emmanuel Macron.

Depuis plusieurs jours, l’idée d’une grande alliance de gouvernement, qui rassemblerait une partie de la gauche, les députés macronistes et certains élus de droite fait pourtant son chemin.

Des personnalités politique comme François Ruffin, réélu député mais qui a annoncé qu’il ne siégerait plus avec LFI à l’Assemblée nationale, la secrétaire nationale des Verts Marine Tondelier, ou encore le président républicain du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ont ainsi laissé entendre ne pas y être totalement opposés.

Le Premier ministre Gabriel Attal expliquait encore dimanche soir « ne jamais se résoudre à laisser une offre politique scindée en trois blocs », et soulignait qu’il était nécessaire « d’inventer quelque chose de grand, d’utile ».

Reste que l’expérience n’a jamais été tentée dans l’Hexagone, contrairement aux alliances qui structurent habituellement le Parlement européen.

« Dans la vie politique française, il y a quelque chose de l’ordre du définitif, une disqualification absolue des autres. Pourtant, l’ennemi absolu, c’est celui qui combat la démocratie, c’est l’extrême-droite », expliquait avant le scrutin l’eurodéputé écologiste David Cormand, à Euractiv.

La France fait d’ailleurs plutôt figure d’exception : des gouvernements de coalition existent déjà Allemagne, en Espagne où aux Pays-Bas.

« La culture du compromis est la norme dans de nombreux pays européens. En France, on n’a jamais réussi. La gauche et la droite ont toujours été polarisées », soulignait aussi l’eurodéputée Renaissance (Renew) Stéphanie Yon-Courtin.

À l’instar de leurs homologues français, les élus LFI préfèrent pour l’heure avancer seuls, pour ne « jamais dévier » de leur programme, souligne de son côté l’eurodéputé Marina Mesure (GUE/NGL) à Euractiv. De Bruxelles à Paris, le but est de « rester en phase avec ce pourquoi les citoyens nous ont élus. On n’a pas peur d’être dans l’opposition », affirme-t-elle.

D’intenses négociations vont s’ouvrir dans les prochaines heures, et ces dernières diront si l’Assemblée nationale française pourrait quelque peu adopter les consensus qui font marcher le Parlement européen.

[Edité par Laurent Geslin]