Espagne : les partis de gauche font le pari d'une alliance incertaine

Les partis de gauche espagnole Sumar et Unidas Podemos ont annoncé vouloir faire alliance avec le parti socialiste PSOE afin de contrer une possible victoire de la coalition de centre droit, lors des élections anticipées du 23 juillet.

EFE avec EURACTIV.com
Spain holds local and regional elections
Sumar et Unidas Podemos, tous les deux membres du groupe parlementaire de la Gauche au Parlement européen, négocient contre la montre pour forger une coalition face à la nouvelle alliance entre les conservateurs du Partido Popular (PPE) et leurs homologues d'extrême droite du parti VOX. [EPA-EFE/Juan Herrero]

Les partis de gauche espagnole Sumar et Unidas Podemos ont annoncé vouloir faire alliance avec le parti socialiste PSOE afin de contrer une possible victoire de la coalition de centre droit, lors des élections anticipées du 23 juillet.

« Il y aura un accord [SumarPodemos] parce que l’Espagne nous attend… Je suis une femme optimiste, et il y aura un accord sans aucun doute », a déclaré Yolanda Díaz, ministre espagnole du Travail et fondatrice du parti Sumar, vendredi (2 juin).

Sumar et Unidas Podemos, tous les deux membres du groupe parlementaire de la Gauche au Parlement européen, négocient contre la montre pour forger une coalition face à la nouvelle alliance entre les conservateurs du Partido Popular (PP) et leurs homologues d’extrême droite du parti Vox.

Le président du PP, Alberto Núñez Feijóo, a quant à lui décidé de reporter tout débat interne sur une future alliance avec Vox afin de ne pas « compromettre » les chances de victoire de la droite.

Des décisions audacieuses s’imposent

Face aux nombreux désaccords qui existent entre Sumar et Podemos, Mme Díaz est resté évasive, et s’est gardée de commenter l’avancée des négociations.

Mais le camp de gauche sait qu’il doit prendre des décisions audacieuses pour éviter un gouvernement PP-Vox.

Le PP est actuellement crédité de 34,2 % d’opinions favorables, un score qui lui donnerait 144 sièges au parlement après les élections — 55 de plus que ses 89 sièges actuels — selon une nouvelle étude publiée par El Mundo.

Avec Vox, le PP pourrait former une majorité absolue, bien que l’extrême droite semble être en perte de vitesse. Selon l’étude de El Mundo, Vox n’obtiendrait que 33 sièges, soit une perte de 19 sièges par rapport aux élections générales de 2019.

Pour le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE), actuellement à la tête du gouvernement espagnol, il est crédité de 25,7 % d’opinions favorables, ce qui en ferait la deuxième force parlementaire — un score qui donnerait au parti 99 sièges, soit 21 de moins qu’en 2019.

Disparition de Podemos

La secrétaire générale de Unidas Podemos et ministre des Droits sociaux, Ione Belarra, a accusé samedi (3 juin) le PSOE et le PP de vouloir rétablir le bipartisme pour que rien ne change « dans la structure du pouvoir ».

Unidas Podemos a gouverné pour promouvoir les droits des citoyens et la justice sociale « contre les privilèges de ceux qui sont au sommet du gouvernement », a tweeté Mme Belarra samedi.

« Le PSOE et le PP ont fermement proposé la restauration du système bipartite » qui a permis que « rien ne change dans la structure du pouvoir de notre pays », a déploré la ministre.

Une critique qui n’arrive pas par hasard. La ministre socialiste de l’Economie Nadia Calviño, a prédit il y a quelques jours la disparition politique de Podemos.

« Les résultats de dimanche reflètent la disparition de Ciudadanos (centre-libéral) et de Podemos, les deux partis qui ont surgi après la grande crise financière (2008-2009) », a-t-elle déclaré.