L’économie slovaque menacée par les véhicules électriques chinois

Si aucune mesure n’est prise pour freiner les importations de voitures chinoises, l’économie slovaque pourrait perdre 0,4 % de son PIB. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’assureur allemand Allianz.

EURACTIV Slovaquie
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Les véhicules, principalement électriques, fabriqués en Chine représentent un risque important pour les constructeurs automobiles européens et pourraient leur faire perdre 7 milliards d’euros de bénéfices par an d’ici à 2030. [SHUTTERSTOCK/Robert Way]

Si aucune mesure n’est prise pour freiner les importations de voitures chinoises, l’économie slovaque pourrait perdre 0,4 % de son PIB. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’assureur allemand Allianz.

Les véhicules, principalement électriques, fabriqués en Chine représentent un risque important pour les constructeurs automobiles européens et pourraient leur faire perdre 7 milliards d’euros de bénéfices par an d’ici à 2030 (soit 0,15 % de son PIB), à moins que les décideurs politiques ne prennent des mesures.

Selon le rapport, la Slovaquie est l’État membre de l’UE qui produit le plus de voitures par habitant et est le plus vulnérable face à cette situation. Parmi les autres pays vulnérables, on retrouve également la République tchèque, l’Allemagne, la Suède ou encore la Pologne, qui pourraient perdre entre 0,2 et 0,4 % de leurs PIB.

Cela fait plusieurs années que les importations des constructeurs automobiles chinois augmentent, tout comme la part des marques chinoises sur le marché européen des véhicules électriques.

Celle-ci est passée de moins de 1 % en 2019 à 5 % au premier semestre 2022. La Chine a également investi des sommes considérables dans les subventions accordées aux constructeurs automobiles et dans les infrastructures de recharge. Elle dispose également d’un avantage concurrentiel par rapport à ses rivaux européens et américains pour accéder aux matières premières critiques nécessaires à la production de batteries.

« Si l’on peut dire que la Chine était marginale dans la production de voitures à moteur à combustion, ce n’est plus le cas pour les véhicules électriques », a confié à EURACTIV Slovaquie Patrik Križanský, directeur de l’Association slovaque des véhicules électriques (SEVA).

Les représentants du secteur automobile appellent à une action au niveau de l’UE pour protéger l’industrie européenne.

L’étude indique que, étant donné l’importance stratégique du secteur automobile pour l’économie européenne, les décideurs politiques « pourraient chercher à obtenir des conditions commerciales réciproques avec la Chine et les États-Unis, et promouvoir l’adoption des véhicules électriques à batteries (BEV) en améliorant l’infrastructure de recharge ».

En outre, « autoriser les investissements chinois dans l’assemblage de voitures au niveau local pourrait générer davantage de valeur ajoutée dans la région, tandis qu’accroître l’autosuffisance en matières premières essentielles à la fabrication de batteries et augmenter l’investissement dans les technologies de batteries de nouvelle génération aideront davantage le secteur automobile européen à se préparer aux enjeux de demain », précise l’étude.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]