Leadership des Socialistes français : décision envisagée [FR]

Après des semaines de querelles à propos du successeur à leur leader sortant François Hollande, les Socialistes français éliront un nouveau chef de file demain 20 novembre. Quel que soit le résultat du vote, le parti en sortira divisé, tandis que l’impact sur sa politique européenne et sur les prochaines élections européennes sera considérable. 

Après des semaines de querelles à propos du successeur à leur leader sortant François Hollande, les Socialistes français éliront un nouveau chef de file demain 20 novembre. Quel que soit le résultat du vote, le parti en sortira divisé, tandis que l’impact sur sa politique européenne et sur les prochaines élections européennes sera considérable. 

Les trois candidats au poste de premier secrétaire sont Benoît Hamon, leader de la faction de gauche du parti, Martine Aubry, maire de Lille et fille de l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, ainsi que Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidence et présidente de la région de Poitou-Charentes. 

Avant le congrès socialiste du week-end dernier et la nomination imminente de leur chef de file, les Socialistes français se sont réunis pour présenter leurs visions quant à l’avenir de la politique européenne du parti lors d’une « université d’été », a indiqué EURACTIV France. 

La question européenne sème quelque peu la discorde au sein du Parti socialiste. Alors que de nombreux parlementaires affichent un soutien résolu au projet européen, d’autres membres du parti préfère omettre totalement la question.

Rapprocher l’Europe des citoyens…

La plupart des Socialistes ont convenu qu’il y avait toujours des divergences entre l’UE et ses citoyens. Mme Royal, candidate au poste de leader du parti, a d’ailleurs rejeté la notion selon laquelle le projet européen pourrait aboutir sans les citoyens européens. A la place, il faudrait une « consultation européenne, s’adressant directement aux peuples des 27 Etats membres », a-t-elle estimé. 

« L’Europe ne peut se construire sans les peuples », a affirmé le parlementaire socialiste Marc Dolez. Quant à Pierre Moscovici, il a évoqué la « crise d’identité » de l’Europe et le « divorce avec ses citoyens ».

De leur côté, Jean-Luc Mélenchon et Gérard Filoche souhaitent que les élections au Parlement européen de juin 2009 aboutissent à la création d’une « Assemblée constituante européenne » qui « permettra une véritable réappropriation populaire du projet européen ». 

D’autres estiment qu’il est temps pour les leaders européens d’arrêter de s’enliser dans les questions institutionnelles. « Le problème posé à l’Europe aujourd’hui est donc moins le comment faire mais le quoi faire, il est le contenu de ses politiques », a indiqué Gérard Collomb. 

…en promouvant une « Europe sociale »

Un grand nombre de Socialistes français se sont ralliés à la notion « d’Europe sociale », déclarant que les mesures de l’UE en matière de politique sociale devraient mieux répondre aux préoccupations actuelle des citoyens. Pour Marylise Lebranchu, il faut que l’Europe soit « capable de réguler le capitalisme et ses méfaits », faisant ainsi écho au récent appel du président Nicolas Sarkozy à une « refonte du capitalisme » (EURACTIV 22/10/08). 

La candidate au poste de secrétaire Mme Royal définit l’Europe sociale comme « une Europe qui n’empêche pas les Etats de décider du niveau de solidarité qu’ils souhaitent ».

Mais le membre du PS Pascal Jacquemin  va plus loin en exigeant une « Europe sociale où […] des lois d’uniformisation permettraient l’égalisation progressive des salaires, la hausse du pouvoir d’achat des salariés et une moralisation des profits de l’entreprise ». « Seule l’Europe sociale peut assurer l’avenir de l’Europe », a déclaré Gérard Filoche, appelant à ce qu’un salaire minimum unique soit fixé. 

Stimuler la gouvernance économique européenne 

Marylise Lebranchu a appelé à l’intégration de la Banque central européenne (BCE) dans « un gouvernement économique européen ». Benoît Hamon, quant à lui, déplore que l’indépendance de la banque empêche l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de l’eurozone, de « conduire la politique de change en Europe ».

D’autres membres souhaitent une hausse du budget communautaire entre 1,5 et 2 % du PIB des Etats membres, contre 1 % aujourd’hui. Le dirigeant sortant François Hollande demande « un vrai budget européen capable d’assurer la solidarité entre les pays et d’investir ». 

Stimuler la politique de défense de l’UE 

Enfin, au nom de l’Europe de la défense, Marylise Lebranchu a proposé que la France et le Royaume-Uni renoncent à leur siège au Conseil de sécurité de l’ONU au profit du Haut-Représentant pour la PESC, Javier Solana.