Le Yémen est en proie à une grave crise humanitaire

Conséquence de la résurgence des violences qui déchirent le pays depuis trois ans, près de 14,7 millions de Yéménites auraient besoin d’une intervention humanitaire, selon les Nations unies.

EURACTIV.com
Des Yéménites reçoivent de l’aide alimentaire à Sanaa [Fares Khoailed/WFP].
Des Yéménites reçoivent de l’aide alimentaire à Sanaa [Fares Khoailed/WFP].

Conséquence de la résurgence des violences qui déchirent le pays depuis trois ans, près de 14,7 millions de Yéménites auraient besoin d’une intervention humanitaire, selon les Nations unies.

Depuis le début du soulèvement du peuple yéménite en décembre 2011, le pays est régulièrement secoué par des violences civiles, causant morts et crises humanitaires. À l’heure actuelle, environ 13,1 millions de personnes n’auraient pas accès à de l’eau potable. Parallèlement, l’insécurité alimentaire toucherait 10,5 millions de Yéménites. Enfin, 1,3 million d’enfants seraient frappés de malnutrition voire de malnutrition grave, selon un rapport de l’ONU.

Près de 23,9 millions de personnes habitent au Yémen, un pays situé au sud de la péninsule arabique qui connaît un stress hydrique permanent en plus de conflits tribaux réguliers.

Une grande partie des denrées alimentaires est importée. En contrepartie, le pays fournit la plupart du temps du pétrole, mais les livraisons sont devenues de plus en plus rares, selon l’ONG Oxfam International

Les ruptures d’approvisionnement en pétrole ont entrainé une explosion des prix des produits alimentaires. L’accès à l’eau est devenu par ailleurs de plus en plus problématique.

« C’est une véritable tempête » qui s’abat sur le pays, affirme Bishow Parajuli, représentant du programme alimentaire mondial de l’ONU au Yémen, qui se situe à Sanaa, capitale du pays. « La sécurité est un enjeu majeur, même à Sanaa », selon lui.

Aussi, le groupe islamiste Al-Qaïda a renforcé sa présence dans le pays, en particulier dans le sud et l’est du territoire.

L’UE est prête à renforcer son aide au Yémen

À Bruxelles, l’Union européenne a publié le 10 juillet un communiqué qui condamne le vent de violences au nord du pays, où des groupes armés s’affrontent actuellement.

Ces conflits ont provoqué l’exode de populations. Or ces déplacements massifs ont eu un impact sur la production alimentaire nationale.

« Même dans l’un de nos programmes, à un moment donné, nous n’étions pas en mesure d’obtenir suffisamment de blé moulu sur place pour fournir toute la quantité de farine de blé nécessaire à la population ciblée », a déclaré Bishow Parajuli dans un entretien.

Le pays abrite sur son territoire 243 000 réfugiés et 307 000 déplacés à l’intérieur du territoire, selon les statistiques européennes.

Fin 2011, les manifestations yéménites avaient chassé l’ancien dirigeant du pays, Ali Abdallah Saleh. Depuis lors, un gouvernement transitoire est aux commandes du pouvoir.

L’actuel exécutif procède à la rédaction d’une nouvelle constitution, qui sera soumise à référendum, dont la tenue est prévue en mars prochain. En parallèle, des élections législatives auront lieu.

« L’UE est déterminée à apporter son aide au Yémen durant cette période de transition, en particulier pour ce qui est de la sécurité et de la gestion des finances publiques, points cruciaux pour réformer [le pays] », a expliqué Alexandre Polack, porte-parole de Andris Piebalgs, commissaire européen au développement.

L’UE prévoit de tripler son aide financière à destination du Yémen dans son prochain programme-cadre financier pluriannuel. Le pays devrait recevoir environ 60 millions d’euros chaque année en provenance de l’UE entre 2014 et 2020.

Selon Alexandre Polack, une grande partie de l’aide est affectée aux communautés rurales vulnérables pour remplir plusieurs objectifs : développer une agriculture durable, assurer une meilleure gestion de l’eau et un meilleur accès à des services fondamentaux.