Le WWF donne une mauvaise note à l’UE pour son manque d'engagement
Un récent rapport publié pour le compte du World Wildlife Fund sur les politiques climatiques de l’UE condamne ce qu’il considère comme une « stratégie vouée à l'échec à long terme ». Ce rapport mentionne notamment le déclin du soutien aux énergies renouvelables, imputé à la crise financière.
Un récent rapport publié pour le compte du World Wildlife Fund sur les politiques climatiques de l’UE condamne ce qu’il considère comme une « stratégie vouée à l'échec à long terme ». Ce rapport mentionne notamment le déclin du soutien aux énergies renouvelables, imputé à la crise financière.
Ce rapport évalue les politiques de l'UE et celles des 27 Etats membres sur une échelle allant de A à G. Les notes obtenues vont de « D » pour des pays comme le Danemark et l'Allemagne à « F » pour le Luxembourg et la Grèce. Les Vingt-Sept ont obtenu la note moyenne « E ».
Selon les conclusions du rapport, le système européen d'échange d'émissions ne parviendra pas à instaurer une économie décarbonisée d'ici 2050, dans la mesure où « les progrès actuels indiquent que la stratégie manquera son objectif avec une marge de 20 ans ». Le document préconise de nombreuses solutions, notamment l'introduction d'une taxe carbone, un accord juridique fixant des objectifs pour après 2020 et une réforme de la politique de l'agriculture, pour y inclure le changement climatique.
L'étude a été financée par la European Climate Foundation et réalisée par la société de conseil spécialisée dans l'énergie renouvelable et la politique climatique Ecofys.
Les mesures d'austérité portent atteinte aux énergies renouvelables
Le rapport souligne l'impact de la crise financière, qui a entraîné la réduction des dépenses publiques pour les politiques « vertes » et notamment pour les sources d'énergie renouvelable dans plusieurs pays, dont l'Espagne, l'Irlande et les Pays-Bas.
L'Espagne est pointée du doigt pour la réduction de subventions dans le secteur des panneaux solaires. Bien que le rapport admette que cette diminution des subventions destinées à l'énergie solaire ait été « en partie justifiée », cette diminution a été effectuée « de façon rétroactive », ce qui suscite certainement de l'inquiétude chez les investisseurs potentiels.
« Cela signifie que votre projet en développement prend soudain une valeur différente, ce qui perturbe énormément le marché », a déclaré Niklas Höhne, le directeur de l'énergie et de la politique climatique d'Ecofys.
Les cancres se trouvent en Europe de l'Est
Les pays d’Europe centrale et orientale figurent généralement plus bas dans le classement du rapport. La Bulgarie, la Pologne et la Roumanie sont critiquées pour leurs projets inappropriés en matière de mise en œuvre des objectifs européens pour l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans le secteur industriel.
Le rapport souligne toutefois des « exemples d'actions positives dans chaque pays de l'Union européenne. Une application plus large de ces politiques à travers l'Europe permettrait de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre. »
La Bulgarie et la Roumanie, par exemple, sont applaudies pour avoir adopté des lois améliorant la gestion des forêts. Cependant, ces « actions positives » sont clairement minimes. Ce fut par exemple le cas de la Slovaquie, saluée pour avoir simplement « rétabli son ministère de l'environnement ».
Jason Anderson, directeur de la politique européenne pour le climat et l'énergie du WWF, pense qu'il est compréhensible que les pays moins riches soient moins disposés à s'engager financièrement pour le climat, dans la mesure où ils ont d'autres priorités budgétaires.
« Nous ne pouvons pas continuer à penser que [les pays d’Europe centrale et orientale] portent un fardeau et ne voient aucune lueur au bout du tunnel », a-t-il déclaré.
L'importance croissante de Bruxelles
Ce rapport met en exergue l'influence grandissante de Bruxelles sur les politiques environnementales nationales : « La majorité des nouveaux développements politiques dans les États membres de l'UE représentent une application directe de la législation européenne, ou y sont liés. »
Le rapport attribue une note « B » aux politiques de l'UE sur les énergies renouvelables, félicitant notamment l'objectif contraignant de 20 % d'électricité renouvelable, qualifié de « plutôt ambitieux ». La plupart des autres domaines (dont l'efficacité énergétique, les échanges d'émissions et l'écoconception) ont reçu des notes négatives, en raison de la faiblesse ou de la nature non contraignante de leurs objectifs.
Le WWF déplore également l'absence de « perspectives climatiques » dans la politique agricole commune (PAC), qui absorbe pourtant la plus grande part du budget européen, soit près de 40 %.
L'inclusion d'aspects environnementaux et climatiques dans les propositions de réforme de la PAC pour 2014-2020 a été controversée et fera l'objet de négociations prolongées au cours des prochains mois.
« Tout le monde traite la politique agricole commune avec une certaine appréhension, car il s'agit d'un centre d'intérêt primordial pour les agriculteurs européens, et ils savent que c'est une politique difficile à réformer sur le fond », a déclaré M. Anderson.