Le Triangle de Weimar insiste sur la nécessité d’une politique étrangère unifiée dans l’UE
Les ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais ont convenu que « parler et agir d’une seule voix » pour la politique étrangère de l’Union devait être une priorité commune pour la prochaine législature de l’UE.
Les pays du Triangle de Weimar, à savoir l’Allemagne, la France et la Pologne, ont convenu que « parler et agir d’une seule voix » en ce qui concerne la politique étrangère de l’Union devait être une priorité commune pour la prochaine législature de l’UE, ont annoncé les ministres des Affaires étrangères des trois pays mercredi (22 mai).
Cette initiative commune intervient alors que les États membres doivent se mettre d’accord sur un « agenda stratégique » en juin, ainsi que sur la désignation du président ou de la présidente de la Commission pour les cinq prochaines années à la suite des élections européennes.
Dans ce contexte, les ministres des Affaires étrangères du Triangle de Weimar se sont accordés sur une série de priorités, axées sur la sécurité, pour la prochaine législature européenne.
« Alors que nous nous préparons pour le prochain cycle européen, nous devons renforcer l’efficacité de l’action extérieure », ont souligné les trois ministres dans un document baptisé « Agenda de Weimar ».
Les trois ministres des Affaires étrangères souhaitent notamment renforcer le rôle du chef de la diplomatie de l’UE « dans le but d’assurer la cohérence et l’efficacité de l’action extérieure ».
Ils espèrent également explorer l’idée d’une « équipe intégrée du SEAE [Service européen pour l’action extérieure] et de la Commission chargée des sanctions ». Celle-ci « agirait en tant que point de contact unique de l’UE pour les sanctions, pour une analyse commune de l’impact des sanctions et de leur contournement, et en tant que prestataire de services aux États membres lorsqu’ils proposent des listes ou des sanctions sectorielles ».
« Une telle équipe intégrée contribuerait à une politique de sanctions plus solide, conformément aux objectifs de la PESC [Politique étrangère et de sécurité commune] », ont-ils ajouté.
« L’Europe est attaquée de l’intérieur et de l’extérieur », a indiqué la ministre allemande Annalena Baerbock à la presse.
La politique étrangère relève actuellement de la compétence des États membres, ce qui signifie que l’UE a besoin de l’unanimité pour prendre des décisions dans ce domaine, ce qui limite parfois la capacité de l’UE à prendre des mesures rapides à ce niveau.
En particulier « au Moyen-Orient, l’Europe doit faire entendre sa voix plus clairement », a reconnu le ministre français Stéphane Séjourné, en faisant référence à l’agitation mondiale autour de l’offensive israélienne qui a fait des dizaines de milliers de morts dans la bande de Gaza depuis octobre dernier.
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L’un des remèdes envisagés par les dirigeants européens consiste à étendre la prise de décision à la majorité qualifiée aux questions de politique étrangère.
Les trois ministres des Affaires étrangères ont proposé d’établir un « processus de réflexion de Weimar » sur les relations extérieures, qui permettrait « d’entamer une discussion sur des réformes à plus long terme, notamment sur la rationalisation de la prise de décision dans le cadre de la PESC dans une Union élargie et sur un rapprochement plus étroit entre les politiques et les moyens en matière d’action extérieure ».
Parmi les autres priorités du document en vue d’une collaboration plus efficace sur le plan communautaire en matière de sécurité figurent le développement de l’industrie de défense de l’UE et l’augmentation des achats communs. Les trois pays s’engagent également à faire progresser l’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’Union.
Ce programme commun témoigne de l’importance croissante du Triangle de Weimar en tant que format de coordination des politiques de l’UE entre les plus grandes économies de l’UE — la France et l’Allemagne — et la Pologne en tant que plus grande économie d’Europe centrale.
Depuis que les élections polonaises ont ramené au pouvoir le Premier ministre pro-UE Donald Tusk, le format du Triangle de Weimar a connu un regain d’intérêt, la plupart des réunions de coordination clés se déroulant désormais dans un cadre trilatéral.
Les experts estiment que la présence de la Pologne en tant que troisième acteur peut apaiser les tensions qui ont émergé entre Paris et Berlin au cours des derniers mois.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]