Le taux de participation aux européennes n'a jamais été aussi bas

Le Parlement européen vient de publier en toute discrétion les chiffres définitifs du taux de participation aux élections européennes. Contrairement aux estimations, le taux est plus bas qu'en 2009.

EURACTIV.com
Jaume Duch, spokesperson to the European Parliament, announces the elections turnout on May 25, 2014 [Photo: European Parliament]
Jaume Duch, spokesperson to the European Parliament, announces the elections turnout on May 25, 2014 [Photo: European Parliament]

Le Parlement européen vient de publier en toute discrétion les chiffres définitifs du taux de participation aux élections européennes. Contrairement aux estimations, le taux est plus bas qu’en 2009.

Nouveau record battu. Selon les résultats définitifs publiés par le Parlement européen, seulement 42,54 % des Européens se sont rendus aux urnes pour les européennes de 2014. Un score en dessous des 43,1 % annoncés au départ.

Le monde diplomatique fait la grise mine vis-à-vis du taux de participation aux européennes, le plus bas depuis les premières élections en 1979.

Les chiffres mis à jour vont également embarrasser les représentants de l’UE qui se réjouissaient d’annoncer que la courbe du désintérêt des électeurs européens s’était inversée.

Le Parlement a notamment fondé toute sa campagne sur le fait que la crise économique allait attirer plus d’électeurs aux urnes. Il avait d’ailleurs mis en avant le slogan : « cette fois-ci, c’est différent ».

D’une certaine manière, ce fut le cas, mais les eurodéputés n’espéraient que cela se passe de cette façon.

Jaume Duch Guillot, porte-parole du Parlement, avait déclaré lors de la nuit électorale que l’UE vivait « un moment historique, car, c’est la première fois depuis 1979 que la tendance à long terme à la baisse du taux de participation s’est inversée ».

>> Lire : Stabilisation du taux de participation aux européennes

Le taux de participation représente un test pour la légitimité démocratique du Parlement européen. La moyenne européenne est passée de 62 % en 1979 à 43 % en 2009.

La crédibilité du Parlement est en jeu

Cette nouvelle abstention remet donc en question la crédibilité du Parlement européen, aux grands dams des europhiles. Guy Verhofstadt, la tête de liste des libéraux et fédéraliste convaincu, s’était réjoui des estimations légérement en hausse : le nouveau Parlement « sera plus représentatif que le précédent », avait-il alors déclaré.

Les résultats définitifs remettent en doute le processus des têtes de liste, les « Spitzenkandidaten » qui mènent la campagne pour un groupe politique européen.

Lors de la publication des premiers résultats, Simon Hix, professeur à la London School of Economics (LSE), a déclaré que « cet exercice de personnification de la campagne a fonctionné et a permis de se concentrer sur des thèmes européens ».

Estimations et résultats définitifs très proches

Cité par EUobserver, un porte-parole du Parlement a indiqué que la modification des taux de participation trouvait son origine en Espagne et en Italie.

Mais le porte-parole garde n’en démord pas : « Les résultats définitifs et les estimations publiées à la fin du mois de mai sont très proches. Les chiffres définitifs, en très légère baisse par rapport à 2009, confirment que la grande tendance à la baisse de ces dernières années s’est arrêtée. »

Dans certains pays, plus de citoyens se sont rendus aux urnes, notamment en Grèce où la crise de la dette souveraine et les mesures d’austérité imposées par l’UE et le Fond monétaire international ont incité les citoyens à se rendre en masse aux urnes. La présence de partis populistes avec une forte base militante, comme le parti d’extrême gauche Syriza, ont peut-être aussi contribué à faire augmenter le taux de participation de 52,61 % en 2009 à 59,97 % en 2014.

Dans les autres pays qui ont bénéficié d’un plan de sauvetage, les chiffres sont à la baisse : en Espagne et au Portugal, les taux sont respectivement passés de 44,87 % à 43,1 % et de 36,77 % à 33,67 % entre 2009 et 2014. L’Irlande a enregistré pour sa part la plus grande chute : de 58,64 % à 52,44 %.