Le succès des obligations espagnoles et italiennes est de bon augure
Le succès remporté par les obligations italiennes et espagnoles hier (12 janvier) a apaisé les inquiétudes sur la crise de la dette dans la région. La Banque centrale européenne a par ailleurs fait savoir que l'euro montrait des signes de « tentative » de stabilisation.
Le succès remporté par les obligations italiennes et espagnoles hier (12 janvier) a apaisé les inquiétudes sur la crise de la dette dans la région. La Banque centrale européenne a par ailleurs fait savoir que l'euro montrait des signes de « tentative » de stabilisation.
Les commentaires du président de la Banque centrale européenne ont renforcé l'évolution positive de la monnaie européenne. Mario Draghi a déclaré qu'il y avait des signes de « tentative » d'une stabilisation économique dans la zone euro.
Les craintes de voir l'économie de la zone euro s'enfoncer dans la crise de la dette et entrer en récession alors que l'économie américaine reprend peu à peu du poil de la bête se sont traduites pas une pression sur l'euro et ont fait grimper le cours de l'or côté en euros.
L'Espagne est cependant parvenue à vendre jeudi deux fois plus d'obligations à trois ans que nécessaire et l'Italie a dû débourser moins d'argent qu'il y a un mois pour des titres à un an lors de leur première enchère de 2012. L'argent à faibles taux d’intérêt prêté aux banques par la BCE en décembre a en effet alimenté la demande en obligations à court terme.
« La tendance pourrait bientôt changer pour laisser de côté le pessimisme de l'année dernière. Les gens sont de moins en moins convaincus que la crise de la dette dans la zone euro dévastera la croissance mondiale et ils se demandent s'il ne serait pas temps de penser positivement », a expliqué Tetsu Emori, gestionnaire de fonds chez Astramax Co. à Tokyo.
« Les émotions des investisseurs font fluctuer les marchés, donc s'ils deviennent plus optimistes, les prix vont grimper, surtout pour les actions et les matières premières. Reste à savoir quand la tendance va changer. »
La BCE voit des signes de stabilisation
Dans le même temps, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a évoqué des signes de stabilisation dans la zone euro, ce qui a fait grimper la monnaie unique.
Sans grande surprise, la BCE n'a pas modifié son principal taux d'intérêt à un taux bas record de 1,0 % lors de la réunion de jeudi, étant donné qu'elle évalue l'impact des réductions consécutives et des autres mesures prises à la fin de l'année dernière qui semblent contribuer à la résolution de la crise de la dette.
« La décision de la BCE de maintenir les taux à 1 % sous-entend que les leaders financiers européens pensent que l'économie de la zone euro va se stabiliser et que la crise peut être gérée », a affirmé Jonathan Lewis, responsable investissements chez Samson Capital Advisors.
« Malgré les critiques quant à son approche lente et prudente, la BCE se révèle un fervent défenseur de la valeur de sa monnaie. »
« M. Draghi s'est montré moins pessimiste que ce que l'on attendait. Il n'a pas dit que la zone euro se dirigeait vers une récession ou qu'il existait des risques majeurs de déflation. Il s'est montré optimiste quant aux effets des [prêts bon marché de la BCE] à trois ans », a déclaré Richard Driver, analyste chez Caxton FX.
« Il reconnaît les risques de détérioration de la situation économique, mais il a également affirmé que les données montraient des signes de stabilisation. Ces déclarations nous rassurent et nous laissent penser qu'il sera peut-être possible d'éviter la récession », a expliqué Boris Schlossberg, responsable de la recherche chez GFT Forex à Jersey City au New Jersey.
La prime de risque de l'Espagne, l'écart entre les rendements des obligations espagnoles et allemandes, a atteint son niveau le plus bas depuis le 3 janvier après le succès de l'enchère. Le rendement de ses obligations à 10 ans est descendu à 5,14 %.
Le rendement des obligations italiennes à 12 mois a chuté à 2,735 %. Ce rendement atteignait près de 6 % lors de l'enchère d'obligations à un an de mi-décembre. Il s'agit du plus bas niveau depuis juin 2011.
Toutes les craintes ne se sont pas envolées
La situation de la zone euro reste toutefois préoccupante.
L'état des obligations européennes devrait subir un nouveau test vendredi lorsque l'Italie émettra jusqu'à 4,75 milliards d'euros de dette.
La Grèce a en outre déclaré qu'elle pourrait avoir besoin de plus d'argent de la part de ses partenaires européens si ses créanciers privés n'étaient pas suffisamment nombreux à opérer un swap volontaire d'obligations pour réduire la dette grecque.