Le SPD veut un salaire minimum pour entrer au gouvernement allemand

Les sociaux-démocrates allemands (SPD) acceptent de participer à une « grande coalition » avec les conservateurs d'Angela Merkel sous plusieurs conditions. La réforme du marché du travail avec un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure est non négociable.

EURACTIV.fr / Reuters
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Les sociaux-démocrates allemands (SPD) acceptent de participer à une « grande coalition » avec les conservateurs d'Angela Merkel sous plusieurs conditions. La réforme du marché du travail avec un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure est non négociable.

Les membres du SPD ont donné leur feu vert il y a deux semaines pour lancer des discussions sur la formation d’un gouvernement de coalition. Cette décision est néanmoins soumise à 10 exigences « non négociables », dont l'investissement dans les infrastructures et une égalité de rémunération.

Les conservateurs de la CDU et de la CSU, son alliée bavaroise, ont remporté les élections de septembre, mais ne disposent pas du nombre suffisant de sièges pour gouverner seuls.

Le président du SPD, Sigmar Gabriel, a précisé le 2 novembre que son parti pourrait toujours rejeter une « grande coalition ».

« Si nous avons de bonnes raisons, nous pouvons dire non en fin de compte, et accepter de nouvelles élections », a-t-il déclaré dans un discours.

« S'ils [la CDU et la CSU] refusent, par exemple, la double citoyenneté et une nouvelle réglementation du marché du travail, ce seront de bonnes raisons pour déclarer à la fin : nous ne participerons pas à une coalition. »

Double citoyenneté

Les enfants de migrants nés en Allemagne peuvent conserver la nationalité allemande et celle de leurs parents jusqu'à l'âge de 18 ans. Ils doivent ensuite choisir entre les deux.

Mais des exceptions subsistent pour les personnes venant de l'Union européenne et de la Suisse. Le gouvernement allemand précédent avait bloqué en juin un texte de loi visant à modifier le système. Les partisans de ce texte affirment qu'il permettrait de combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Certains membres du SPD ont reproché aux conservateurs d'avoir tenu des propos racistes lors du rejet du texte de loi sur la binationalité. En pratique, il aurait surtout eu des conséquences pour des allemands d'origine turque.

Salaire minimum

Le parti socialiste souhaite également introduire un salaire minimum de 8,50 euros/heure. Le système actuel est quant à lui fondé sur des négociations collectives par secteur et par région.

L’Allemagne s'est opposée à la mesure, considérée comme une interférence politique dans les discussions entre les syndicats et les employeurs, entre autres.

Un groupe de travail a été établi dans le cadre des négociations de coalition. Il a enregistré des avancées dans l'introduction d'un salaire minimum dans plusieurs secteurs, mais pas dans leur ensemble.

Les deux camps souhaitent conclure les négociations d'ici le 26 novembre. Le SPD envisage ensuite de donner la parole à ses 472 000 membres. Cette décision est une première et pourrait compliquer, voire condamner, tout accord.

Bon nombre de membres du SPD se méfient d'une nouvelle alliance avec Angela Merkel. Le parti de centre-gauche gouvernait déjà avec la CDU/CSU entre 2005 et 2009. Il a ensuite enregistré ses pires résultats électoraux depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les résultats de la consultation des membres du SPD sont prévus pour le 15 décembre. Si l'accord passe, le gouvernement pourrait se mettre à la tâche la semaine suivante.