Le soutien des Conservateurs et Réformistes à la reconduction d’Ursula von der Leyen toujours fragmenté
Alors que certaines délégations nationales du groupe des Conservateurs et Réformistes ont déclaré qu’elles soutiendraient la reconduction d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission, d’autres sont toujours incertaines ou y sont totalement opposées.
Alors que certaines délégations nationales du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) d’extrême droite ont déclaré qu’elles soutiendraient la reconduction d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne lors d’un vote au Parlement européen jeudi (18 juillet), d’autres sont toujours incertaines ou y sont totalement opposées.
Les délégations belge et tchèque du groupe CRE devraient voter en faveur de la reconduction d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, et la délégation italienne fait éloge de la présidente sortante pour avoir résisté aux pressions de la gauche contre les accords migratoires conclus avec des pays tiers.
Mardi matin (16 juillet), à deux jours d’un vote au Parlement européen sur la reconduction d’Ursula von der Leyen, le groupe CRE a rencontré la responsable politique allemande de centre droit (Parti populaire européen/PPE).
Après la réunion d’une heure, qu’Ursula von der Leyen a qualifiée d’« intense », Johan Van Overtveldt, membre de la Nouvelle Alliance flamande (NV-A, qui dispose de trois sièges au Parlement européen), a annoncé que ses réponses à « nos questions allaient dans la bonne direction ».
Pour sa part, l’eurodéputée Assita Kanko, également de la N-VA, a expliqué que les CRE devront encore discuter « en tant que groupe », mais a noté que certains avaient déjà décidé de soutenir Ursula von der Leyen.
Un eurodéputé du groupe CRE, présent lors de la rencontre avec la présidente sortante ainsi qu’à une réunion du groupe lundi après-midi, a confié à Euractiv qu’outre la N-VA, le Parti démocratique civique (ODS) du Premier ministre tchèque Petr Fiala (qui dispose de trois sièges) a également l’intention de voter pour l’Allemande.
D’un autre côté, les délégations du parti polonais Droit et Justice (PiS, 20 sièges), de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR, six sièges) et de La France fière (quatre sièges) ont indiqué qu’elles voteraient contre la présidente sortante.
« Il est difficile pour le PiS polonais de voter pour [Ursula] von der Leyen […] ils l’ont fait en 2019 et ils disent maintenant que [Ursula] von der Leyen les a trahis », a expliqué la source, notant que le parti polonais considérait la présidente sortante comme responsable de leur défaite aux élections nationales, remportées par Donald Tusk et sa coalition (PPE).
Adam Bielan, chef de la délégation polonaise, a indiqué sur les réseaux sociaux que sa principale critique à l’égard d’Ursula von der Leyen était son approche d’ingérence « excessive » dans la politique des États membres ainsi que ses « tentatives d’influencer les résultats électoraux en Pologne ou en Italie ».
« Je ne peux pas imaginer que nous puissions soutenir la candidature d’Ursula von der Leyen pour un autre mandat », a-t-il ajouté.
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La position de Fratelli d’Italia toujours incertaine
Le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, la délégation la plus importante du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, n’a pas encore arrêté sa décision sur le soutien à Ursula von der Leyen.
« Ne vous attendez pas à ce que nous prenions une décision [maintenant] », a déclaré Nicola Procaccini, coprésident du groupe CRE et membre de Fratelli d’Italia, en arrivant à la réunion avec Ursula von der Leyen, ajoutant que deux autres réunions de groupe suivraient au cours de la journée.
La source des CRE a expliqué que le « sentiment » au sein du groupe est que Fratelli d’Italia votera en faveur d’Ursula von der Leyen étant donné que « de nombreuses concessions » ont été faites envers les eurodéputés de Giorgia Meloni, y compris le fait d’accorder une vice-présidence au Parlement pour Antonella Sberna.
Parallèlement à cela, des sources de Fratelli d’Italia au Parlement européen ont confié à Euractiv après la réunion que le chef de la délégation du parti, Carlo Fidanza, avait reconnu qu’Ursula von der Leyen avait résisté à la pression de la gauche qui avait tenté de bloquer les accords migratoires avec la Tunisie et l’Egypte.
Carlo Fidanza a également exprimé son souhait de voir l’Europe continuer à progresser « sur la voie tracée par Giorgia Meloni, avec de nouveaux accords avec les pays africains pour stopper les départs et vaincre les mafias de trafiquants ».
Il a également attaqué le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) en affirmant qu’un « changement radical » était nécessaire. Selon les sources de son parti, il aurait dit à Ursula von der Leyen que ceux qui ont poussé pour le Green Deal ont été « pénalisés » lors des élections européennes alors que ceux qui l’ont critiqué ont été « récompensés ».
L’opposition de Fratelli d’Italia au Green Deal met Ursula von der Leyen en porte-à-faux avec deux partenaires de la coalition pro-UE — les Verts et les Socialistes et Démocrates européens (S&D) — qui veulent que la législation environnementale phare de l’UE reste intacte.
Aneta Zachová et Aleksandra Krzysztoszek ont contribué à la rédaction de cet article.
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[Édité par Anna Martino]