Le sommet ne résout pas la question du montant des actifs toxiques
Lors du sommet extraordinaire du 1er mars, les leaders européens se sont mis d’accord sur une approche flexible du traitement des actifs toxiques et dépréciés des banques européennes. Même si des incertitudes subsistent quant à leur nombre et leur valeur, les dirigeants ont fait pression pour que la supervision financière de l’UE soit révisée d’ici au mois de juin.
Lors du sommet extraordinaire du 1er mars, les leaders européens se sont mis d’accord sur une approche flexible du traitement des actifs toxiques et dépréciés des banques européennes. Même si des incertitudes subsistent quant à leur nombre et leur valeur, les dirigeants ont fait pression pour que la supervision financière de l’UE soit révisée d’ici au mois de juin.
Les conclusions de la réunion soulignent « qu’il importe de s’occuper des actifs toxiques des banques […] conformément aux lignes directrices fournies par la Commission et dans le plein respect des règles de concurrence ». Le 25 février, l’exécutif européen a appelé à l’adoption au niveau national d’une approche coordonnée – dont l’objectif final est qu’elle soit flexible – pour s’occuper de ces actifs à l’origine de la crise actuelle et qui incluent les titres adossés à une hypothèque (EURACTIV.com 26/02/09).
Le niveau d’exposition des banques européennes à ces produits financiers toxiques reste flou. « Certaines banques centrales estiment que le montant de ces actifs équivaut à trois fois les ressources du système bancaire européen, bien que tous les actifs toxiques ne soient pas sans valeur », a indiqué le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, à l’issue de la réunion.
Bad banks ou non ?
Les leaders européens ont également décidé d’autoriser les États membres à créer des « bad banks » afin d’absorber les actifs toxiques et de permettre au système bancaire de se relever plus rapidement. Néanmoins, certains gouvernements ont déjà exclu cette possibilité.
Le président français, Nicolas Sarkozy, s’oppose à la mise en œuvre de cette pratique en France, car celle-ci signifie la nationalisation des pertes, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.
Même son de cloche côté italien. Silvio Berlusconi a indiqué que l’Italie n’avait pas besoin de « bad banks » parce que les banques italiennes ne sont pas habituées à parler anglais, faisant ainsi référence à l’origine anglo-saxonne de la crise financière.
Un accord sur la supervision financière avant le mois de juin
Les conclusions de la réunion ont pris en compte le rapport du groupe présidé par M. Larosière qui propose une réforme de la supervision financière européenne réaliste, plutôt qu’ambitieuse (EURACTIV.fr 26/02/09).
A cet égard, le texte souligne que les premières décisions doivent être prises avant le mois de juin après un examen approfondi par le Conseil Ecofin. Mais des observateurs critiques se plaignent que le report d’un accord européen sur la supervision financière au mois de juin, à la place du mois de mars comme prévu au départ, aura un impact sur la capacité de l’UE à influencer les discussions relatives à l’architecture financière mondiale au sommet du G20. Ce dernier doit se tenir le 2 avril à Londres, c’est-à-dire probablement avant que les représentants européens n’aient pu s’accorder sur une position commune.