Le secteur informatique pousse l’UE et la Chine à lever les barrières commerciales

A l'occasion du sommet UE-Chine, le secteur du numérique pousse l’UE à avancer sur la levée des barrières commerciales sur les produits informatiques avec la Chine.  Une façon de sortir les négociations en cours à l’OMC de l'impasse. 

EURACTIV.fr
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A l'occasion du sommet UE-Chine, le secteur du numérique pousse l’UE à avancer sur la levée des barrières commerciales sur les produits informatiques avec la Chine.  Une façon de sortir les négociations en cours à l’OMC de l'impasse. 

Les représentants de l'UE rencontrent aujourd'hui (21 novembre) pour la première fois le gouvernement chinois fraîchement nommé, à l'occasion du sommet UE-Chine qui se déroule à Pékin.

Une première rencontre au cours de laquelle pourrait s’inviter le délicat débat sur les droits de douanes portant sur les technologies de l’information.

« Les dirigeants chinois et européens ont une excellente occasion cette semaine de faire avancer les négociations dans le bon sens. Nous les invitons à utiliser leur sommet pour faire progresser les discussions sur l’accord étendu sur les technologies de l'information (ATI) », indique John Higgins, directeur général de DigitalEurope, une association professionnelle qui représente le secteur européen des technologies de l'information et de la communication.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) négocie un accord étendu sur les technologies de l'information (ATI). Mais elle s'est  retrouvée dans une impasse la semaine dernière à Genève en raison de désaccords entre la Chine et d'autres pays, selon des représentants de l'industrie présents lors des discussions.

La Chine veut que 57 produits informatiques soient exclus de l'accord qui vise à supprimer les droits à l'importation en vue de stimuler les échanges (voir « Contexte »).

Ces produits comprennent des micro-puces informatiques présentes dans différents objets ainsi que divers types d'écrans d'ordinateur.

Moins de droits de douane que la Chine

À titre de comparaison, l'Union européenne veut exclure plusieurs produits, comme les télévisions. Les États-Unis souhaitent quant à eux proscrire les câbles à fibres optiques, et le Japon ne revendique rien.

DigitalEurope exhorte la Chine à « faire preuve de bonne foi et à réduire sérieusement sa longue liste d'exclusions ».

La levée des droits de douane sur les produits technologiques, proposée dans l'ITA, permettrait de faire économiser 8,5 milliards d'euros par an dans le monde, selon une analyse du think tank ECIPE, situé à Bruxelles.

« Un ATI étendu augmenterait les échanges mondiaux de produits numériques. Outre les avantages majeurs à l'échelle mondiale en termes de productivité, de croissance économique et de création d'emplois, il sera également bénéfique pour les utilisateurs de technologies. Les prix seraient moins élevés et le choix plus grand », explique M. Higgins.

Vente d'armes à l'Asie

Francois Godement affirme que l'Europe devrait élaborer une nouvelle stratégie audacieuse vis-à-vis de l’Asie. Il développe ses propos dans le document politique Divided Asia: the implications for Europe du think tank Conseil européen des relations étrangères.

L'auteur appelle à la création d'un partenariat Europe-Asie (PEA), du même type que le partenariat transpacifique soutenu par les États-Unis. Mais le PEA inclurait la Chine et une stratégie commune en matière de ventes d'armes européennes en Asie.

« Les importations occidentales des institutions multilatérales de sécurité et d'arbitrage international n'intéressent pas l'Asie. L'UE devrait abandonner ses efforts qui visent à transférer ses propres solutions d'après-guerre vers la situation asiatique », estime M. Godemont.

« À la place, l'UE devrait se concentrer sur la valorisation d'un compromis et le renforcement de son commerce des armes dans la région afin de jouer un rôle plus central en matière de sécurité », ajoute-t-il.