Le secteur des éoliennes aéroportées en train de s'effondrer
L'énergie éolienne de haute altitude n'était en fait qu'un rêve d'ingénieur
Le principal pionnier européen des éoliennes aéroportées, autrefois présentées comme une solution aux nuisances des éoliennes au sol, a fait faillite, jetant des interrogations sur la viabilité même du secteur.
L’idée était simple : déplacer les éoliennes hors de la vue du public en les installant plus haut, là où les vents sont plus forts et plus réguliers. Ce système devait permettre de résoudre plusieurs problèmes : désamorcer les critiques concernant la détérioration des paysages, tout en réduisant les risques pour les oiseaux qui volent près du sol.
Le concept proposait de faire voler des cerfs-volants à une altitude supérieure à 400 mètres. Des subventions européennes ont été accordées, et l’industrie a fait de grandes promesses, expliquant être en capacité de vendre de l’électricité bon marché.
Ces ambitions se sont effondrées quelques jours avant Noël.
La société Skysails, basée à Hambourg et pionnière de l’énergie éolienne en haute altitude, a fait faillite, portant un coup terrible au secteur. Celle-ci avait promis que les éoliennes aéroportées étaient bien plus efficaces que ses concurrentes au sol.
Les cerfs-volants, qui produisent de l’énergie en répétant à l’infini un huit, enroulant et déroulant un générateur en contrebas, peuvent produire de l’énergie environ 70 % du temps, soit deux fois plus que les éoliennes terrestres.
« Une aile en vol libre peut balayer plus de ciel et générer plus d’énergie dans une unité de temps qu’une turbine à voilure fixe », explique Saul Griffith, investisseur dans le domaine des énergies propres, qui a créé une entreprise de production d’énergie à partir de cerfs-volants rachetée par Google et qui a fermé ses portes en 2020.
De son côté, l’entreprise Skysails était devenue l’exemple qu’il était possible de produire de l’énergie avec des cerfs-volants, après avoir commencé à vendre ses produits à des navires désireux d’économiser du carburant. Elle avait aussi attiré des hommes politiques, comme l’ancien vice-chancelier allemand Robert Habeck, avant d’accumuler plus de 30 millions d’euros de dettes.
Fondée en 2001 et considérée comme le numéro un en Europe après avoir été la première à vendre un système de turbine en kit sur le marché européenne, elle poursuivra ses activités pendant la procédure de faillite.
Il y a tout juste deux ans, les éoliennes aéroportées étaient décrite comme une « technologie révolutionnaire » et « prête à entrer sur le marché ». Le secteur réclamait cependant des subventions de 200 euros par mégawattheure jusqu’à 2030, soit le double de celles que touchent ses concurrents terrestres.
Airborne Wind Europe, l’association industrielle basée à Bruxelles, n’a pas répondu à la demande de commentaire d’Euractiv.