Le secteur aérien touché par la crise demande le soutien de l’UE [FR]
L’industrie aérienne a appelé l’exécutif de l’UE et les gouvernements européens à soutenir les compagnies aériennes touchées par la crise du crédit. Elle a également incité les autorités publiques à augmenter leur soutien à la R&D, afin d’aider le secteur à adopter la dernière génération d’aéronefs respectueux de l’environnement.
L’industrie aérienne a appelé l’exécutif de l’UE et les gouvernements européens à soutenir les compagnies aériennes touchées par la crise du crédit. Elle a également incité les autorités publiques à augmenter leur soutien à la R&D, afin d’aider le secteur à adopter la dernière génération d’aéronefs respectueux de l’environnement.
Dans le contexte de la crise économique et de la chute considérable de la demande pour le transport de passagers et de fret, les compagnies aériennes européennes et asiatiques ont réagi à la perte de revenus en reportant les commandes de nouveaux avions.
La crise affecte nos clients, et notre industrie ressent la crise, a déclaré à la presse hier (16 avril) Allan Cook, président de l’European AeroSpace and Defence Industries Association (ASD).
Le nombre de commande a déjà diminué et on a relevé des annulations, a-t-il ajouté.
Bien que l’industrie soit solide, novatrice et basée sur la technologie, il ne faudrait pas considérer qu’elle va de soi, a-t-il précisé. Il a appelé l’UE et les gouvernements nationaux à augmenter leur soutien à la R&D pour aider le secteur à livrer la nouvelle génération d’aéronefs et à contribuer à la solidité de la défense européenne. Il a néanmoins souligné le fait que l’industrie ne demandait pas de plan de sauvetage.
La chaîne d’approvisionnement est touchée
M. Cook a également souligné que l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement industrielle, en particulier les PME, se débat également dans le contexte économique actuel. Par conséquent, elles ont besoin d’un plan de relance, par exemple un programme de prêt spécifique aux PME du domaine de l’aérospatiale, a indiqué M. Cook.
Nos fournisseurs sont touchés en de multiples endroits et ont besoin de crédits et de prêts, a reconnu Thomas Enders, directeur général d’Airbus et président de la German Aerospace Industries Association (BDLI). Dans le même temps, si nous pouvons conserver un haut niveau de livraisons, ce sera également positif pour notre chaîne d’approvisionnement, a-t-il ajouté.
MM. Cook et Enders ont tous deux encouragé les pouvoirs publics à faciliter l’accès des compagnies aériennes aux liquidités pour l’acquisition de nouveaux aéronefs.
Se préparer pour la croissance future et le système communautaire d’échange de quotas d’émission (EU ETS)
Alors que les perspectives à long terme pour le secteur sont encourageantes, avec des tendances montrant un doublement du trafic aérien dans les quinze prochaines années, M. Enders confie qu’il faut se préparer à une future croissance dans le secteur.
L’exécutif de l’industrie a lourdement critiqué les retards causés par la Commission européenne en ce qui concerne le lancement effectif du partenariat public-privé (PPP) Clean Sky, prévu pour sept ans, et d’un montant de 1,6 milliard d’euros, qui vise à aider le secteur de l’aviation à développer des technologies respectueuses de l’environnement.
Selon M. Enders, l’initiative lancée en 2006 est en grand danger d’être étouffée par les paperasseries administratives. Il a ajouté que ce qui était censé être un PPP exaltant concordant avec les objectifs de Lisbonne était devenu une saga d’accumulation de retards, luttant laborieusement pour décoller.
M. Enders poursuit, en affirmant que le secteur contribue déjà à sa part du budget (à hauteur de 800 millions d’euros), mais le labyrinthe administratif interne de la Commission reporte la mise à disposition de l’argent européen. Toute l’initiative risque d’échouer et de ne pas être fournie à temps pour l’UE ETS, ce qui aura à son tour un impact sérieux sur les clients des compagnies aériennes.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’engager nos fonds dans des programmes qui ne fonctionnent pas, a-t-il conclu, ajoutant qu’en l’absence de mesure immédiate, l’industrie se verrait obligée de réaffecter des fonds dédiés au programme à d’autres initiatives technologiques nationales ou commerciales.