Le secrétaire général de l’OCDE appelle à l’élimination progressive des subventions agricoles
Selon le secrétaire général de l’OCDE, les dépenses publiques doivent progressivement abandonner les subventions agricoles qui créent des distorsions et nuisent à l’environnement dans le monde entier.
Selon le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Mathias Cormann, les dépenses publiques doivent progressivement abandonner les subventions agricoles qui créent des distorsions et nuisent à l’environnement dans le monde entier.
En amont de la COP27, les ministres de l’Agriculture de 48 États membres de l’OCDE se sont réunis à Paris jeudi et vendredi dernier (3-4 novembre) pour discuter de la sécurité alimentaire mondiale et de la production alimentaire durable dans le contexte de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des dérèglements climatiques la COP27.
Dans son discours d’ouverture, Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, a déclaré qu’à l’échelle mondiale, les gouvernements fournissent plus de 800 milliards de dollars par an en subventions et autres aides au secteur agricole, alors que seulement 13 % de ces aides sont consacrées à des investissements dans l’innovation.
« Au lieu de cela, une trop grande partie de ce soutien se révèle inefficace dans la mesure où il transfère les revenus aux agriculteurs de manière inéquitable et avantage les grands exploitants et est trop souvent nuisible à l’environnement », a-t-il affirmé.
M. Cormann a exhorté les membres de l’OCDE à « inverser cette tendance en supprimant progressivement les subventions ayant un effet de distorsion et en réorientant les dépenses publiques » vers une agriculture et des systèmes alimentaires plus durables et plus résilients.
Il a également appelé à « garder les marchés ouverts et transparents », ce qui implique d’éliminer les restrictions à l’exportation.
Contacté par EURACTIV, Damien O’Connor, le ministre néo-zélandais de l’Agriculture et coprésident de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’OCDE, a déclaré qu’il plaidera toujours pour « une réforme des subventions agricoles qui contribuent à une production inefficace, à des émissions inutiles et à des prix faussés sur les marchés ».
Bien que la Nouvelle-Zélande ne dispose pas d’un programme de subventions pour les agriculteurs, il a expliqué que « les pays adoptent leur propre approche à cet égard » et « sont de plus en plus conscients que les subventions agricoles néfastes nuisent à l’environnement au niveau mondial ».
L’Union européenne dispose de l’un des plus importants programmes de subventions agricoles au monde, la Politique agricole commune (PAC), qui est dotée de 270 milliards d’euros. La PAC a toujours été critiquée lors des négociations commerciales avec les pays tiers en raison de son aspect trop protectionniste.
Dans un rapport publié récemment, l’OCDE a reproché à la PAC de ne pas atteindre les objectifs environnementaux, et ce même si les dépenses agricoles de l’Union européenne en faveur de l’action climatique sont élevées.
Les auteurs du rapport ont comparé les politiques agricoles de 54 pays et ont mis en évidence d’autres États dans lesquels le soutien financier ne cible pas efficacement l’action climatique dans le secteur agricole.
L’architecture verte de la PAC a été réformée en 2021 afin de favoriser des pratiques agricoles plus « vertes » grâce aux « éco-régimes ». Toutefois, selon le rapport de l’OCDE publié en juillet, les mesures d’incitation volontaires telles que les écorégimes ne suffisent pas et l’UE devra tarifer les émissions agricoles.
La déclaration finale signée par les ministres de l’OCDE le 4 novembre invite également les pays à évaluer « l’efficacité et l’efficience des politiques agricoles pour encourager l’amélioration des résultats environnementaux, notamment en examinant les subventions bénéfiques et néfastes pour l’environnement ».
Pour la première fois, l’agriculture constituera un sujet clé de la 27e session de la COP 27 des Nations unies, qui se tiendra du 6 au 18 novembre 2022 à Sharm El-Sheikh, en Égypte, durant une journée entière (samedi 12 novembre) étant consacrée à ce sujet.
« Nous devons redoubler d’efforts pour que les politiques agricoles s’alignent pleinement sur nos objectifs climatiques à long terme et sur les résultats de la COP27 », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE.
Les systèmes alimentaires étant responsables d’environ un tiers des émissions mondiales, il a déclaré qu’une « action ambitieuse et efficace sur le changement climatique » de la part du secteur agricole est essentielle.
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