Le SEAE ne doit pas dépendre de la Commission, prévient Lellouche

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes se dit attentif à ce que les «lignes rouges» fixées par le traité de Lisbonne ne soient pas franchies.

EURACTIV.fr
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Le secrétaire d’État aux Affaires européennes se dit attentif à ce que les «lignes rouges» fixées par le traité de Lisbonne ne soient pas franchies.

Le Service européen d’action extérieure (SEAE) n’est pas un service de la Commission européenne. C’est le message qu’a délivré, en substance, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, lundi 28 juin, devant des journalistes. «La clé de la légitimité de l’action diplomatique, c’est le Conseil européen», a-t-il martelé.

Il s’est dit attentif à ce qu’un certain nombre de «lignes rouges» ne soient pas franchies. «Le traité de Lisbonne, c’est ma bible. Et tout le monde doit s’y tenir», a-t-il soutenu. «L’objectif, ce n’est pas de constituer un vingt-huitième service contrôlé par la Commission européenne», a-t-il dit. 

Il a estimé que le statut du personnel du SEAE doit être différent de celui de la Commission européenne. Aussi a-t-il affirmé que si les représentations de l’UE à l’étranger deviennent l’équivalent d’«ambassades», il s’oppose à ce que les chefs de ces représentations deviennent automatiquement des ambassadeurs. «Ils n’ont pas été recrutés selon le nouveau statut», a affirmé le secrétaire d’État français.

Pierre Lellouche a notamment rappelé l’épisode de la nomination du directeur de cabinet de José Manuel Barroso à la tête de la représentation européenne à Washington. A l’époque, cette nouvelle, annoncée sans aucune concertation avec les États européens, avait provoqué des réactions virulentes de la part des 27.

«Explication franche»

«C’est à Catherine Ashton de choisir les ambassadeurs», a-t-il néanmoins ajouté. «Ce n’est pas aux États de lui dicter comment organiser son service.» Il a également précisé que l’organisation du SEAE, comprenant trois secrétaires généraux dont un «primus inter pares», esquissée lors de l’accord du 21 juin à Madrid, n’était pas définitivement arrêtée. 

Si le SEAE n’est pas un nouveau service de la Commission européenne, il n’a pas non plus à être mis sous la coupe des députés européens, a estimé Pierre Lellouche. «Au Parlement, la discussion a été rude. Il est très tentant pour le Parlement européen de mettre sa main sur la politique érangère de l’UE par le biais budgétaire», a-t-il concédé. Le secrétaire d’État a précisé que lors d’un déplacement à Strasbourg, il avait eu une «explication franche avec un certain nombre de parlementaires», dont l’Allemand Elmar Brok (PPE) et le chef de file du groupe ADLE Guy Verhofstadt.

En plus de la candidature de Pierre Vimont, candidat pour le poste de secrétaire général du SEAE, Pierre Lellouche a annoncé que deux autres Français étaient dans la course pour devenir ambassadeurs de l’UE dans des pays tiers. «On n’a pas été retenu en Géorgie. Mais en Afrique du Sud, nous avons un candidat», a-t-il précisé.

«Catherine Ashton a un job passionnant et difficile», a estimé Pierre Lellouche. «Elle doit tout inventer». «Il faut qu’elle soit à la fois le reflet des États, et qu’elle soit capable de faire travailler ensemble des commissaires européens dès lors qu’ils s’occupent d’affaires internationales. Ca demande un grand sens de la collégialité», a souligné M. Lellouche.

CALENDRIER

  • 21 juin 2010 : Compromis entre le Parlement européen, la présidence espagnole et la Commission européenne.
  • Juillet : Vote du Parlement européen sur le SEAE
  • Automne 2010 : Premiers pas du SEAE