Le Schuldschein, un outil alternatif pour l’investissement

Inspiré du modèle allemand, cet outil est un moyen de soutenir l’investissement des entreprises de taille intermédiaire. Pour les sociétés françaises et allemandes, il permet aussi de renforcer la coopération bilatérale.

EURACTIV.fr
L’Allemagne a une vieille tradition du Schuldschein pour le prêt aux entreprises (Credit: [wk1003mike]/Shutterstock)
L'Allemagne a une vieille tradition du Schuldschein pour le prêt aux entreprises (Credit: [wk1003mike]/Shutterstock)

Inspiré du modèle allemand, cet outil est un moyen de soutenir l’investissement des entreprises de taille intermédiaire. Pour les sociétés françaises et allemandes, il permet aussi de renforcer la coopération bilatérale.

Alors que la question du financement des entreprises est un enjeu majeur du redémarrage de la croissance, l’exemple allemand pourrait inspirer les autres pays européens. Depuis plusieurs années, le Schuldschein, un mécanisme de crédit syndiqué qui peut être assorti de titrisation, permet de financer à moyen et long terme les PME allemandes. Cette forme de crédit semi-obligataire est devenu en quelques années, un outil de financement privilégié du marché des crédits des petites et moyennes entreprises allemandes.

Cet instrument permet ainsi de répondre, en terme d’investissement, aux attentes des entreprises de taille intermédiaire pour développer leur activité, notamment à l’international.

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Le crédit semi-obligataire régi par le droit allemand est un prêt consenti généralement à taux fixe pour une durée comprise entre 3 et 7 ans, par plusieurs prêteurs. Ces prêteurs peuvent être des banques, des compagnies assurances ou encore des gestionnaires d’actif. Le volume total des émissions est compris entre 8 et 10 milliards d’euros pour 60 à 90 transactions par an.

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Depuis 2008, le marché de Schuldschein a connu une forte croissance. Alors qu’il était réservé aux entreprises de taille moyenne, il s’est de plus en plus étendu aux entreprises internationales. « Actuellement, un tiers des émissions totales ne sont pas allemandes », explique Jean-Philippe Brioudes, directeur du marché des capitaux d’emprunt de département chez HSBC, pour qui le Schuldschein est un bon exemple de partenariat entre la France et l’Allemagne.

Un atout pour les entreprises de taille intermédiaire

Cette solution de financement par emprunt comporte de nombreux avantages et devient de plus en plus efficace pour les autres pays.

Parmi ces avantages, l’emprunteur est assuré d’une certaine flexibilité en termes de taille du montant total du prêt. Les obligations d’information sont réduites, ce qui permet ainsi de préserver l’anonymat. Le Schuldschein permet aussi à l’emprunteur de renégocier les termes du prêt de façon bilatérale.

Pour exemple, cette solution de financement a notamment permis à l’entreprise Bel, spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de fromages, de diversifier ses sources de financement avec davantage d’investisseurs internationaux. En effet, l’emprunteur a accès à des bailleurs de fonds auxquels il ne pourrait pas accéder dans le cadre de financements bancaires ordinaires.

De même, il bénéficie également aux investisseurs. Ces derniers ont entre autres accès au marché des petites et moyennes entreprises. Les créances semi-obligataires sont également éligibles au refinancement auprès de la Banque centrale européenne.

Un partenariat franco-allemand renforcé

Les économies française et allemande sont complémentaires. L’Allemagne, en tant qu’économie très compétitive, aura un rôle de premier plan pour l’économie française dans les années à venir.

Dans une interview pour le journal Les Échos, les ministres de finance français et allemand se sont exprimés en faveur d’une augmentation des investissements en Europe. Michel Sapin a ainsi annoncé qu’ils allaient faire des propositions communes pour un plan d’investissements aussi bien publics que privés « qui seront au cœur de la croissance ».

Dans ce cadre le développement du Schuldschein va ainsi permettre de poursuivre le développement d’entreprises françaises et allemandes des deux côtés du Rhin. La filiale française de la banque HSBC a ainsi implanté des bureaux outre-Rhin et dans d’autres pays afin d’aider les entreprises françaises à s’implanter à l’étranger.

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