Le Royaume-Uni réduit ses effectifs diplomatiques à Bruxelles, les députés britanniques craignent une perte d’influence
Des députés britanniques alertent sur le fait que les suppressions de postes subies par la mission diplomatique du Royaume-Uni à Bruxelles risquent de compromettre ce qui reste de l’influence britannique dans l’UE dans le sillage du Brexit.
Dans un rapport, des députés britanniques alertent sur le fait que les suppressions de postes subies par la mission diplomatique du Royaume-Uni à Bruxelles risquent de compromettre ce qui reste de l’influence britannique dans l’Union européenne dans le sillage du Brexit de 2021.
Les postes à Bruxelles étaient parmi les plus convoités par les fonctionnaires du ministère britannique des Affaires étrangères lorsque le Royaume-Uni faisait encore partie de l’UE, mais ce statut a été considérablement déprécié depuis le référendum de juin 2016.
Après le Brexit, l’ambassade du Royaume-Uni auprès de l’UE a été rebaptisée Mission du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne (UKMis Brussels) et a vu ses effectifs réduits de plus d’un quart, passant de 180 à 130. Elle a également connu un taux élevé de rotation du personnel depuis 2016, et d’autres réductions d’effectifs sont attendues dans les années à venir.
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Dans un rapport publié mardi (24 octobre), les députés britanniques de la commission de contrôle européen de la Chambre des communes (la chambre basse du parlement) ont averti que « la réduction de la taille de la mission britannique pourrait avoir un impact négatif sur la capacité du Royaume-Uni à exercer efficacement une influence en faveur de ses intérêts géopolitiques ».
La commission multipartite est à majorité conservatrice et son président, Bill Cash, a été l’un des premiers à soutenir le Brexit. Toutefois, son rapport a exprimé des inquiétudes quant à l’ampleur des réductions imposées à la Mission du Royaume-Uni auprès de l’UE.
« Avoir des diplomates très au fait des rouages de l’UE est tout aussi important pour l’ensemble de la famille britannique aujourd’hui que lorsque nous en étions membres », a déclaré Sir Bill Cash, ajoutant qu’« il est essentiel que nous maintenions le niveau d’effectifs actuel en place ».
Le chef de la Mission auprès de l’UE, Lindsay Croisdale-Appleby, a le même niveau d’ancienneté diplomatique que les ambassadeurs du Royaume-Uni à Paris et à Berlin, bien que ce niveau soit inférieur à celui du chef de mission à Washington DC. Par ailleurs, le rôle d’ambassadeur adjoint à Bruxelles a été supprimé.
Basé sur des données provenant de fonctionnaires britanniques à Bruxelles, du gouvernement gallois et des territoires d’outre-mer, le rapport fait partie d’une évaluation plus large des différentes missions diplomatiques du Royaume-Uni dans l’UE depuis le Brexit. Il vise à évaluer le fonctionnement et l’efficacité de ces missions dans la réalisation des objectifs stratégiques du Royaume-Uni.
Le rapport avertit du « manque de transparence autour des activités de la mission, de son coût global […] et du travail qu’elle exécute », mettant en avant le travail diplomatique du Royaume-Uni auprès du service diplomatique de l’UE, du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), et de l’accord de coopération en matière de défense du bloc, à savoir la coopération structurée permanente (CSP).
La Mission britannique à Bruxelles consacre environ 20 à 25 % de son temps à des questions qui ne sont pas liées à la mise en œuvre de l’accord de retrait du Royaume-Uni ou de son accord de commerce et de coopération avec l’UE, telles que la politique étrangère et la défense, révèle le rapport.
« Ce travail n’est pas toujours bien connu, et nous recommandons que l’UKMis soit beaucoup plus clair sur la façon dont les projets non liés à l’accord de commerce et de coopération, tel que la CSP, s’inscrivent dans le reste de son activité », ont déclaré les députés britanniques.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]