Le Royaume-Uni réduit ses effectifs diplomatiques à Bruxelles, les députés britanniques craignent une perte d’influence

Des députés britanniques alertent sur le fait que les suppressions de postes subies par la mission diplomatique du Royaume-Uni à Bruxelles risquent de compromettre ce qui reste de l’influence britannique dans l’UE dans le sillage du Brexit.

Euractiv.com
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Les postes à Bruxelles étaient parmi les plus convoités par les fonctionnaires du ministère britannique des Affaires étrangères lorsque le Royaume-Uni faisait encore partie de l’UE, mais ce statut a été considérablement déprécié depuis le référendum de juin 2016. [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Dans un rapport, des députés britanniques alertent sur le fait que les suppressions de postes subies par la mission diplomatique du Royaume-Uni à Bruxelles risquent de compromettre ce qui reste de l’influence britannique dans l’Union européenne dans le sillage du Brexit de 2021.

Les postes à Bruxelles étaient parmi les plus convoités par les fonctionnaires du ministère britannique des Affaires étrangères lorsque le Royaume-Uni faisait encore partie de l’UE, mais ce statut a été considérablement déprécié depuis le référendum de juin 2016.

Après le Brexit, l’ambassade du Royaume-Uni auprès de l’UE a été rebaptisée Mission du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne (UKMis Brussels) et a vu ses effectifs réduits de plus d’un quart, passant de 180 à 130. Elle a également connu un taux élevé de rotation du personnel depuis 2016, et d’autres réductions d’effectifs sont attendues dans les années à venir.

Dans un rapport publié mardi (24 octobre), les députés britanniques de la commission de contrôle européen de la Chambre des communes (la chambre basse du parlement) ont averti que « la réduction de la taille de la mission britannique pourrait avoir un impact négatif sur la capacité du Royaume-Uni à exercer efficacement une influence en faveur de ses intérêts géopolitiques ».

La commission multipartite est à majorité conservatrice et son président, Bill Cash, a été l’un des premiers à soutenir le Brexit. Toutefois, son rapport a exprimé des inquiétudes quant à l’ampleur des réductions imposées à la Mission du Royaume-Uni auprès de l’UE.

« Avoir des diplomates très au fait des rouages de l’UE est tout aussi important pour l’ensemble de la famille britannique aujourd’hui que lorsque nous en étions membres », a déclaré Sir Bill Cash, ajoutant qu’« il est essentiel que nous maintenions le niveau d’effectifs actuel en place ».

Le chef de la Mission auprès de l’UE, Lindsay Croisdale-Appleby, a le même niveau d’ancienneté diplomatique que les ambassadeurs du Royaume-Uni à Paris et à Berlin, bien que ce niveau soit inférieur à celui du chef de mission à Washington DC. Par ailleurs, le rôle d’ambassadeur adjoint à Bruxelles a été supprimé.

Basé sur des données provenant de fonctionnaires britanniques à Bruxelles, du gouvernement gallois et des territoires d’outre-mer, le rapport fait partie d’une évaluation plus large des différentes missions diplomatiques du Royaume-Uni dans l’UE depuis le Brexit. Il vise à évaluer le fonctionnement et l’efficacité de ces missions dans la réalisation des objectifs stratégiques du Royaume-Uni.

Le rapport avertit du « manque de transparence autour des activités de la mission, de son coût global […] et du travail qu’elle exécute », mettant en avant le travail diplomatique du Royaume-Uni auprès du service diplomatique de l’UE, du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), et de l’accord de coopération en matière de défense du bloc, à savoir la coopération structurée permanente (CSP).

La Mission britannique à Bruxelles consacre environ 20 à 25 % de son temps à des questions qui ne sont pas liées à la mise en œuvre de l’accord de retrait du Royaume-Uni ou de son accord de commerce et de coopération avec l’UE, telles que la politique étrangère et la défense, révèle le rapport.

« Ce travail n’est pas toujours bien connu, et nous recommandons que l’UKMis soit beaucoup plus clair sur la façon dont les projets non liés à l’accord de commerce et de coopération, tel que la CSP, s’inscrivent dans le reste de son activité », ont déclaré les députés britanniques.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]