Le Royaume-Uni et l'UE tiendront des sommets réguliers dans le cadre de la « réinitialisation » de leurs relations

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont convenu mercredi 2 octobre d’organiser régulièrement des sommets entre le Royaume-Uni et l’UE.

EURACTIV.com
British Prime Minister Keir Starmer visits EU Parliament, Commission
Le Premier ministre britannique Keir Starmer (G) est accueilli par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (D) au siège de la Commission européenne à Bruxelles, Belgique, le 2 octobre 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont convenu après leur rencontre mercredi 2 octobre d’organiser régulièrement des sommets entre le Royaume-Uni et l’UE.

Keir Starmer effectuait mercredi sa première visite officielle à Bruxelles depuis qu’il est devenu Premier ministre. Ce déplacement s’inscrivait dans le cadre de ce qu’il qualifie de « réinitialisation » des relations avec l’UE.

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne début 2020 avec un accord sur les droits des citoyens européens et britanniques. Plus tard la même année, un accord commercial a été négocié. Mais des divergences persistent sur la mise en œuvre de ces deux accords, en plus des différends concernant le commerce agricole et les droits de pêche, entre autres sujets de discorde.

Le Premier ministre britannique s’est entretenu avec Ursula von der Leyen mercredi après-midi, avant de rencontrer brièvement, plus tard dans la journée, les présidents du Parlement européen et du Conseil européen, Roberta Metsola et Charles Michel.

Keir Starmer et Ursula von der Leyen ont publié une déclaration écrite commune à l’issue de leur échange, indiquant qu’ils avaient convenu de poursuivre « une coopération renforcée dans les mois à venir ».

La déclaration précise que le premier sommet des dirigeants des deux parties « devrait avoir lieu idéalement au début de l’année 2025 », mais qu’ils « ont convenu de se rencontrer à nouveau à l’automne ».

« Nous plaçons nos relations avec l’Europe sur une base plus solide et plus stable », a annoncé le Premier ministre travailliste lors d’une conférence de presse dans la soirée.

« Le travail détaillé pour faire avancer les choses commence maintenant. Nous avons convenu d’organiser régulièrement des sommets Royaume-Uni-UE réunissant les chefs d’État et de gouvernement pour examiner les progrès accomplis, en commençant par un sommet au cours du premier semestre de l’année prochaine. »

Selon Keir Starmer, ces sommets viseront à faire progresser « la promotion de la croissance et de la prospérité, la collaboration sur des défis communs tels que le changement climatique, la sécurité énergétique et l’immigration clandestine, ainsi que le renforcement de notre sécurité et de notre stabilité communes ».

Les sujets abordés lors de la rencontre

Avant la réunion, la Commission européenne et le 10 Downing Street étaient restés très discrets sur les sujets que les deux responsables politiques allaient aborder lors de leur rencontre à huis clos.

Lors de la conférence de presse de mercredi soir, le Premier ministre britannique a déclaré que les détails des différends entre Londres et Bruxelles, tels que les droits de pêche, n’étaient pas « dans la nature de la discussion d’aujourd’hui ».

Au contraire, il a rappelé que l’objectif de sa réunion avec la présidente de l’exécutif européen avait été de « donner le ton, de fixer l’ambition » et « d’établir comment nous allions mener ces discussions et quels étaient, selon nous, les calendriers appropriés ».

Il a néanmoins souligné qu’« il n’y aura pas de retour à la libre de circulation, pas de retour à l’union douanière, pas de retour au marché unique », et a ajouté que les deux blocs trouveraient « des moyens constructifs de travailler ensemble et de répondre aux attentes du peuple britannique ».

Interrogé sur le souhait de l’UE de mettre en place un programme de « mobilité des jeunes » qui permettrait aux jeunes Européens d’étudier au Royaume-Uni, le Premier ministre a répondu que « la libre circulation est une ligne rouge » pour Londres.

La décision du Royaume-Uni de quitter l’UE a été prise à l’issue d’un référendum organisé en 2016, alors que le parti travailliste de centre gauche de Keir Starmer était dans l’opposition.

Ce dernier, qui est devenu député britannique un an avant le référendum sur l’appartenance à l’Union, a soutenu le « Remain », qui n’a pas eu gain de cause, et a par la suite demandé que le vote soit de nouveau organisé.

Il a toutefois promis de respecter le résultat après avoir pris la tête du parti travailliste en 2020, à la suite de la défaite du mouvement lors des élections générales de décembre 2019, remportées par le Parti conservateur de Boris Johnson.

Les conservateurs avaient gagné le scrutin en promettant de finaliser un accord avec Bruxelles qui prévoyait le retrait total du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière.

En juillet, le parti travailliste de Keir Starmer a remporté une victoire écrasante en promettant d’améliorer les relations entre Londres et Bruxelles sans pour autant réintégrer l’Union, son marché unique ou son union douanière.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]