Le Royaume-Uni dit non à des quartiers généraux de la sécurité pour l'UE
La Grande-Bretagne s’est opposée à une proposition de la France, de l'Allemagne et de la Pologne vouée à établir un siège permanent pour la défense et les opérations de sécurité de l'UE. Les Britanniques affirment que ce projet se révèlerait redondant étant donné l'existence des structures de l'OTAN, et qu'il représenterait des dépenses inutiles.
La Grande-Bretagne s’est opposée à une proposition de la France, de l'Allemagne et de la Pologne vouée à établir un siège permanent pour la défense et les opérations de sécurité de l'UE. Les Britanniques affirment que ce projet se révèlerait redondant étant donné l'existence des structures de l'OTAN, et qu'il représenterait des dépenses inutiles.
La proposition formulée par la Britannique Catherine Ashton, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de créer un état-major opérationnel permanent, soutenue par la France ainsi que d'autres Etats membres, a été abordée lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de l'UE à Bruxelles hier (18 juillet).
William Hague, le ministre des affaires étrangères britannique, a déclaré que la Grande-Bretagne avait opposé son veto à cette idée. Les 27 Etats membres doivent en effet donner leur accord, en conformité avec le droit européen.
« J'ai été très clair : le Royaume-Uni ne donnera pas son accord pour un état-major opérationnel permanent. Nous ne sommes pas d'accord aujourd'hui et ne le serons pas dans le futur. C'est une ligne rouge pour nous », a-t-il dit aux journalistes.
« Nous sommes contre cette idée, car nous pensons que ce projet se révèlera redondant étant donné l'existence des structures de l'OTAN, et qu'il créera une division permanente entre le programme de l'UE et celui de l'OTAN », a expliqué M. Hague.
« Ensuite, il s'agira sûrement d'une solution beaucoup plus coûteuse que les structures existantes, et enfin, beaucoup de choses peuvent être faites en améliorant les structures qui existent déjà ».
M. Hague a déclaré que pour la Grande-Bretagne, il était surtout nécessaire d'améliorer les capacités de défense de l'Europe et d'avoir la volonté politique de les utiliser dans des endroits comme les Balkans ou la Libye, où l'OTAN mène actuellement une campagne de bombardements dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
M. Hague a expliqué qu'il existait d'autres moyens d'améliorer la planification dans le cadre de la politique européenne commune de sécurité et de défense, en s'assurant par exemple que les commandants des opérations soient déployés suffisamment tôt et en construisant des liens plus solides entre les structures de défense nationales et les institutions de l'UE.
Il a concédé que la plupart des Etats membres étaient en faveur de la proposition de Mme Ashton, mais il a ajouté : « C'est une décision […] qui devra être prise à l'unanimité et donc la position du Royaume-Uni comptera ».
Alain Juppé, le ministre français des affaires étrangères, a déclaré que la France soutenait la proposition de Mme Ashton, mais qu'elle était prête à envisager d'autres options étant données les objections de la Grande-Bretagne qui considère que le renfort des institutions européennes revient à empiéter sur la souveraineté nationale.
Nous sommes tout à fait ouverts à l'idée de continuer à travailler sur différentes options, a-t-il affirmé.
Mais pour nous, il est essentiel de progresser sur le thème de la politique commune de sécurité et de défense, a-t-il ajouté. Nous vivons dans un monde dangereux et imprévisible et aucun pays européen n'a les moyens de disposer de toutes les capacités de défense nécessaires, a-t-il précisé.
Il a déclaré que les opérations en Libye, lors desquelles la France et la Grande-Bretagne étaient au premier plan alors que les Etats-Unis sont restés en retrait, montrait la nécessité d'améliorer les capacités de défense européennes.
Cette différence d'opinions entre la Grande-Bretagne et la France souligne leurs perpétuelles divergences sur l'intégration de l'UE, malgré la signature par les deux pays d'un traité sur la défense l'an dernier.
EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet