Le risque souverain français limité à long terme
Dans une analyse sur « La France et l’Europe face à la crise économique », le Centre d’analyse stratégique (CAS) consacre deux notes à la crise de la dette souveraine et aux mécanismes financiers susceptibles de la diffuser.
Dans une analyse sur « La France et l’Europe face à la crise économique », le Centre d’analyse stratégique (CAS) consacre deux notes à la crise de la dette souveraine et aux mécanismes financiers susceptibles de la diffuser.
Après la crise des subprimes en 2006 et le krach bancaire de l’automne 2008, la crise de la dette souveraine constitue la troisième étape d’un processus global, explique le CAS dans une note publiée en juin 2010. La soutenabilité des finances publiques focalise ainsi l’attention des économies européennes.
Un indicateur synthétique de soutenabilité
En tant qu’ « assureur en dernier ressort » des dettes privées durant la crise de liquidité, l’État risque de se trouver face à un problème d’insolvabilité, et de voir sa notation dégradée. Pour appréhender les différentes situations auxquelles sont confrontés les pays, le CAS propose un indicateur synthétique. Créé à partir de dix critères, cet indicateur calcule les risques à différents horizons.
D’une part à court et moyen terme, avec la prise en compte de la moyenne du solde budgétaire entre 2005 et 2009, du déficit structurel 2009-2010 et de la dette publique brute et nette en 2009. Et à long terme d’autre part, au regard de l’effort budgétaire nécessaire en 2010 pour stabiliser la dette publique et des dépenses sociales supplémentaires, liées au vieillissement de la population à l’horizon 2060. La solidité financière des résidents nationaux est également intégrée à cet indice, afin d’évaluer les marges de manœuvre de chaque État.
La dette française plombée par son héritage de l’avant-crise
La France occupe la 13e place du classement des 25 pays de l’OCDE considérés par cet indicateur du CAS. Son faible positionnement constitue surtout « un héritage de l’avant crise », le pays figurant déjà au 18ème rang des déficits publics moyens (-3,8%) sur la période 2005-2009. Parmi les pays de l’UE, elle n’est dépassée que par la Grèce, la Hongrie, le Portugal, le Royaume Uni et la Pologne.
Le solde budgétaire français s’est en revanche relativement peu dégradé pendant la crise. La France ne s’étant distinguée « ni par l’ampleur des mesures de relance discrétionnaires ni par un ralentissement du potentiel de croissance plus prononcé qu’ailleurs ni par une morsure particulièrement importante du cycle d’activité sur le déficit public », explique la note de Thomas Brand et Ollivier Passet.
Au vu de son passif initial et de son faible effort budgétaire pour stabiliser la dette 2010, la France apparaît néanmoins « vulnérable » aux risques de dérive de l’endettement public à court et moyen termes et occupe le 19ème rang du classement du CAS.
Le risque souverain français doit cependant être relativisé à long terme, précise la note, eu égard à sa situation financière globale : une « faible ampleur des dépenses sociales supplémentaires projetées à l’horizon 2060, une position extérieure nette positive et des ménages relativement peu endettés ». La France figure ainsi au 3ème rang des pays ayant le moins de risques de dérive de l’endettement public à long terme.
Dans une seconde note de son analyse, le CAS propose d’autre part plusieurs propositions pour éviter que des mécanismes financiers diffusent cette crise de la dette souveraine de manière discriminatoire.
Pour lire la note sur La soutenabilité des finances publiques dans la crise, une analyse internationale, cliquez ici.
Pour lire la note sur Les mécanismes financiers de la diffusion de la crise de la dette souveraine, cliquez ici.