Le rapporteur du PE sur la mobilité urbaine appelle à davantage d’investissements dans ce domaine

Le Parlement européen va appeler la Commission et les gouvernements européens à mettre en place des mécanismes de financement pour lutter contre l’encombrement et les problèmes de pollution croissants qui affectent nos villes. L’eurodéputé autrichien Reinhard Rack, rapporteur sur le Livre vert de la Commission sur la mobilité urbaine, s’explique dans un entretien à EURACTIV.com.

Le Parlement européen va appeler la Commission et les gouvernements européens à mettre en place des mécanismes de financement pour lutter contre l’encombrement et les problèmes de pollution croissants qui affectent nos villes. L’eurodéputé autrichien Reinhard Rack, rapporteur sur le Livre vert de la Commission sur la mobilité urbaine, s’explique dans un entretien à EURACTIV.com.

Prochaines étapes :

  • Mai 2008 : La commission Transports du PE doit voter le rapport de M. Rack sur le Livre vert sur la mobilité urbaine.
  • 16 juin 2008 : Vote sur le rapport en séance plénière au Parlement
  • Oct. 2008 : La Commission doit adopter un plan d’action fondé sur le Livre vert.

Contexte :

En présentant un Livre vert sur les transports urbains, le 25 septembre 2007, le commissaire européen chargé des Transports, Jacques Barrot, a lancé une vaste consultation sur la manière de résoudre les problèmes croissants d’encombrement, de pollution et de sécurité liés à la mobilité urbaine dont souffrent les villes européennes.

Un plan d’action contenant des mesures concrètes doit être présenté en octobre 2008, à partir de cette consultation.

Dans son rapport, qui doit être débattu à la commission des transports du Parlement européen en mai prochain et voté en séance plénière en juin, le député Reinhard Rack (PPE-DE) présente un certain nombre d’options pour aider les villes à faire face au manque de financement pour améliorer les infrastructures en vue d’accroître la mobilité urbaine. 

Enjeux :

La situation dans les villes est « complexe », explique-t-il dans un entretien à EURACTIV.com. Selon lui, la plupart d’entre elles « attendent une aide de l’UE vis-à-vis de leurs administrations nationales et régionales », malgré le principe bien établi de subsidiarité, qui implique que les décisions liées au transport urbain doivent être prises au niveau local. 

« Pratiquement toutes les villes rencontrent les mêmes problèmes – encombrements, vieilles infrastructures, manque de fonds pour investir dans de nouvelles infrastructures, voire, dans certains cas, un manque d’influence politique et juridique pour construire de nouvelles infrastructures – parce que nous savons tous que les citoyens sont favorables à la libre circulation des transports mais qu’ils sont opposés à la construction de nouvelles routes. Ce n’est pas si facile ».

Le puzzle financier – faire payer les États membres?

Parmi les choix concernant les nouveaux moyens de financement, M. Rack reprend une ou deux solutions présentées par la Commission dans son Livre vert.

Il recommande notamment de mieux cibler la destination des fonds de la Commission, tels que les fonds structurels et le fonds de cohésion. Il s’agirait notamment de les orienter vers des activités écologiques liées au transport urbain, en utilisant des fonds issus de systèmes de péage urbain ou de redevances de stationnement.  

Cependant, il rejette la proposition de la Commission selon laquelle les villes peuvent compter sur les partenariats public-privé (PPP) pour augmenter les fonds : « Je suis plutôt sceptique sur les PPP. Nous avons beaucoup discuté de ce sujet ces 10 à 15 dernières années, mais nous avons collecté peu de fonds depuis le début – l’exemple de l’échec le plus spectaculaire est bien sûr Galileo ».

À la place, le député européen préférerait que les États financent les améliorations pour la mobilité urbaine dans les villes. Reconnaissant que l’idée est « un peu compliquée » en raison des questions de compétence et de subsidiarité, il souhaite néanmoins que l’idée selon laquelle les États membres « doivent assurer l’appui financier des villes et des communautés pour mettre en œuvre le droit communautaire » lié aux mesures environnementales et de transport soit incluse dans le document.

« Il ne serait pas suffisant que les États membres se contentent de voter une loi de transposition d’une directive ou de dire que le texte est directement applicable. Non, ils doivent également savoir qu’ils ont des responsabilités financières pour faire fonctionner les règles juridiques européennes et pour leur permettre d’être appliquées […] Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre », souligne t-il.

Une vision claire de l’avenir

Les questions financières mises à part, M. Rack estime qu’en tant que rapporteur, sa principale mission  est « d’obtenir des réponses claires sur le niveau exact d’implication de l’UE que nous désirons, sur la vision européenne que nous voulons à terme et sur la façon dont celle-ci reflète les souhaits et des besoins des institutions locales et régionales ». Il regrette que cela n’ait pas été fait par la Commission, dans la liste des 500 questions contenues dans le Livre vert.  

Selon le rapporteur, l’UE « ne devrait pas essayer de réglementer les problèmes de transports locaux dans telle ou telle ville ». Elle devrait plutôt proposer aux autorités locales un paquet de mesures potentielles et standardisées qui leur permettraient de choisir l’approche la plus adaptée à leur ville – que ce soit un problème d’encombrement, une zone à faible émission ou un système de stationnement à l’extérieur de la ville –  tout en respectant, dans une certaine mesure, les règles européennes, qui seraient mieux identifiées par tous les citoyens.

« Ca devrait être comme dans un sushi bar : l’Europe devrait être en mesure de proposer différents plats et les villes pourraient alors les prendre ou les laisser », indique-t-il.

Accorder plus d’attention au fret

M. Rack a enfin le sentiment que “la Commission n’a pas suffisamment étudié la question du fret”. 

“Elle se concentre trop sur le transport et les voitures personnelles. Aussi importantes que soient ces questions, elles ne représentent que la moitié du problème », affirme t-il.

Dans son rapport, il demande à la Commission d’accorder plus d’attention au transport de fret et donne quelques exemples de meilleures pratiques, qui pourraient faciliter le transport urbain des produits dont les gens ont besoin : l’utilisation de lignes de bus pour le transport de fret à certains moments ou de lignes du tram pour aider à résoudre le problème des « derniers kilomètres ». 

Lire l’entretien dans son intégralité.