Le rapport Stiglitz ajoute une pierre à la volonté européenne de réformer le PIB
Alors que Nicolas Sarkozy dit vouloir se battre pour imposer les conclusions du rapport dans le monde, les travaux de la commission présidée par le prix Nobel viennent compléter une réflexion engagée depuis plusieurs années au niveau européen.
Alors que Nicolas Sarkozy dit vouloir se battre pour imposer les conclusions du rapport dans le monde, les travaux de la commission présidée par le prix Nobel viennent compléter une réflexion engagée depuis plusieurs années au niveau européen.
Le président Nicolas Sarkozy a reçu, lundi 14 septembre, le rapport de la commission présidée par le prix Nobel et économiste Joseph Stiglitz. Ce groupe de travail, mis en place en 2008 par la France, avait pour mission de se pencher sur les écarts de perception entre le produit intérieur brut (PIB) et la réalité économique. L’indice est notamment remis en cause pour ne pas avoir permis d’anticiper la crise économique.
Le texte rendu au président de la République préconise douze mesures pour «enrichir» le produit intérieur brut. Il affirme que le PIB «n’est pas faux», mais plutôt «mal utilisé». Les auteurs suggèrent par exemple de regarder «le revenu et la consommation» plutôt que le niveau de production. Ils préconisent également l’évaluation d’autres facteurs (qualité de vie des ménages, loisirs, travail domestique,…) par d’autres indicateurs.
«La France se battra pour que les organisations internationales modifient leur système statistique en suivant les recommandations» de la commission Stilgitz, a déclaré Nicolas Sarkozy au cours d’un discours à la Sorbonne, le 14 septembre. «Dans le monde entier, les citoyens pensent qu’on leur ment, que les chiffres sont faux et pire, [que les chiffres] sont manipulés», a ajouté le président de la République.
Indice de pression environnementale
Mais la France est loin d’être la première à se pencher sur l’insuffisance du PIB. Depuis quinze ans, la Commission européenne réfléchit à la mise en place d’un nouvel indice prenant en compte davantage de paramètres que ceux du produit intérieur brut. En juin 2007, un forum mondial des statistiques réunissant les principales organisations internationales, des Nations Unies à l’Union européenne en passant par la Conférence islamique, a décidé de lancer un projet mondial sur la mesure du progrès social au-delà des mesures économiques traditionnelles dans chaque pays.
De son côté, la Commission européenne a décidé de faire, en novembre 2007, une proposition permettant d’aller «au-delà du PIB». Cette réflexion européenne a abouti à la publication d’une feuille de route, fin août 2009, prévoyant d’enrichir le PIB avec des données concernant les ressources naturelles, les capitaux humain et social, plutôt que la seule utilisation de la ressource (EURACTIV.fr 01/09/2009).
Parrallèlement à cet «enrichissement» du PIB, l’UE réfléchit à la mise en place d’autres indices pour compléter cet indicateur. Aussi fixe-t-elle à 2010 la mise au point d’un «indice de pression environnementale». Il prendrait en compte les progrès accomplis dans les domaines du changement climatique et de l’utilisation énergétique, de la biodiversité, de la pollution de l’air ou de l’eau et de la production de déchets. Ces réflexions pourraient contribuer à la définition de nouveaux objectifs stratégiques pour la stratégie de Lisbonne de l’après-2010. La Commission prévoit de dresser un rapport de mise en œuvre de ces nouveaux indices en 2012 au plus tard.