Le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l'UE reporté après l'été

Le rapport très attendu sur la compétitivité de l’Union européenne, rédigé par l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, ne sera publié qu’à la fin de l’été. La Commission européenne a confirmé l’information mercredi (24 juillet).

Euractiv.com
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Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) et du Conseil italien. [SHUTTERSTOCK/ALEXANDROS MICHAILIDIS]

Le rapport très attendu sur la compétitivité de l’Union européenne (UE), rédigé par l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, ne sera publié qu’à la fin de l’été. La Commission européenne a confirmé l’information mercredi 24 juillet.

Le rapport devait initialement être présenté avant les élections européennes de juin mais de nombreuses rumeurs ont très vite laissé entendre que sa publication serait repousée au mois de septembre.

Le document élaboré par Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne a été commandé par la Commission européenne. L’organe exécutif de l’UE avait également sollicité un rapport sur l’avenir du marché unique de l’UE, rédigé cette fois par Enrico Letta et dévoilé en avril.

Mercredi, Johanna Bernsel, porte-parole de l’exécutif européen, a mis fin aux bruits de couloirs en confirmant à Euractiv « que le rapport Draghi sera présenté après l’été ».

Alors que l’économie américaine menace de surpasser de manière significative celle de l’UE, la compétitivité, thème central du rapport de Mario Draghi, est devenue ces derniers mois un sujet prépondérant aux yeux des décideurs politiques de l’UE.

La Belgique, qui a assuré la présidence tournante du Conseil de l’UE de janvier à fin juin, avait placé la compétitivité parmi ses six priorités.

La Hongrie, qui a repris le flambeau le 1er juillet, compte également suivre de près cette politique, puisqu’il s’agit là d’une « priorité absolue » de sa présidence du Conseil.

Budapest a par ailleurs convoqué deux Conseils « Compétitivité » en septembre et en décembre. À ces occasions, les ministres de l’UE en charge de ces questions devraient discuter du rapport Draghi et convenir d’un « Pacte de compétitivité » pour l’Europe.

Concilier les points de vue

Dans le cadre de l’élaboration de son rapport, Mario Draghi s’est entretenu avec différents acteurs, chacun ayant exposé sa vision pour renforcer la compétitivité de l’Europe.

Les entreprises ont insisté sur le fait que plus de compétitivité nécessitera une réduction significative des contraintes règlementaires qui pèsent sur elles. Au contraire, les associations de travailleurs et de protection de l’environnement ont alerté sur les risques de diminution des règlementations environnementales et celles relatives au droit du travail.

L’ancien président du Conseil italien a tenté ces derniers mois de parvenir à un équilibre entre ces attentes opposées.

Dans un discours prononcé en avril, Mario Draghi a appelé les décideurs politiques à « rationaliser et davantage harmoniser » les réglementations dans le secteur des télécommunications en Europe. Il a aussi recommandé une révision de la règlementation prudentielle du secteur bancaire de l’Union européenne.

En juin, il a toutefois déclaré que « le maintien de niveaux élevés de protection sociale » dans toute l’Europe n’était « pas négociable ».

Mario Draghi s’est aussi attelé à trouver un terrain d’entente sur le sujet des financements publics et privés, avec pour but de répondre aux besoins de l’Europe en matière d’investissements écologiques et numériques. Selon lui, l’Europe doit procéder à un « changement radical » pour contrer le « protectionnisme » de la Chine et des États-Unis.

[Édité par Anne-Sophie Gayet et Sarah N’tsia]