Le probable futur chancelier allemand fait marche arrière sur le nucléaire
Friedrich Merz, candidat à la chancellerie, a conclu qu’une relance de l’énergie nucléaire en Allemagne n’était pas réaliste, malgré les critiques de longue date de son parti sur le calendrier de sortie du nucléaire du pays.
Le candidat à la chancellerie Friedrich Merz a conclu qu’une relance de l’énergie nucléaire en Allemagne n’était pas réaliste, bien que son parti critique depuis longtemps l’abandon trop rapide de cette énergie dans le pays.
Friedrich Merz, favori pour devenir le prochain dirigeant de l’Allemagne après les élections du 23 février, est revenu sur l’objectif qu’il s’était fixé de restaurer les réacteurs nucléaires du pays.
« Ils sont démantelés, ils sont décontaminés. Il n’y a très probablement aucun moyen d’y remédier », a déclaré cette semaine le président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de centre droit lors d’une réunion avec un syndicat de travailleurs conservateur.
Les chances de réactivation « diminuent de semaine en semaine », a ajouté Friedrich Merz.
L’Allemagne a mis hors service ses trois dernières centrales nucléaires en activité en avril 2023, à la suite d’une décision prise en 2011 par Angela Merkel, également membre de la CDU, alors chancelière.
Bien qu’il reconnaisse que la sortie du pays du nucléaire est désormais acquise, le président de la CDU a qualifié cette semaine cette décision de « grave erreur stratégique ».
La concession de Friedrich Merz sur la mort probable du nucléaire en Allemagne intervient malgré la promesse faite dans le programme électoral de son parti d’examiner « la possibilité de redémarrer les opérations dans les centrales nucléaires qui ont été récemment fermées ».
Le manifeste fait également allusion à « la recherche sur l’énergie nucléaire de quatrième et cinquième génération, les petits réacteurs modulaires et les centrales à fusion ». Bien que cela semble laisser une lueur d’espoir aux partisans allemands du nucléaire, la probabilité que ces technologies deviennent un jour viables pour la production d’énergie n’est pas claire.
Le parti n’a pas indiqué s’il avait modifié sa position à la suite des remarques de Friedrich Merz.
Politique « idéologique » du nucléaire
La sortie de l’Allemagne du nucléaire a été politiquement difficile, d’autant plus que la fermeture prévue des dernières centrales du pays a coïncidé avec la crise énergétique de 2022. Le chancelier Olaf Scholz avait finalement ordonné que les trois centrales nucléaires restantes continuent de fonctionner pendant quatre mois supplémentaires au cours de l’hiver 2022/23.
Depuis lors, les responsables politiques ont échangé des accusations sur la responsabilité des uns et des autres.
En 2024, une commission parlementaire conservatrice a enquêté sur les accusations selon lesquelles le ministre de l’Économie Robert Habeck, membre du parti des Verts, aurait insisté sur la fermeture définitive en se fondant sur l’« idéologie » verte, et au mépris de la sécurité énergétique du pays.
Des scientifiques et des exploitants de centrales se sont exprimés au cours de ces délibérations, déclarant qu’il serait « irréaliste » de remettre en service les centrales existantes et faisant valoir que la construction de nouvelles centrales prendrait plus d’une décennie et serait très coûteuse.
Bien que les échanges écrits internes du ministère soient controversés, les scientifiques et les opérateurs ont conclu que le démantèlement des centrales n’avait jamais mis en danger la sécurité énergétique de l’Allemagne.
Robert Habeck a déclaré à la commission que son ministère avait travaillé « sans résultat prédéterminé basé sur l’idéologie ».
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[AB]