Le «Printemps» de Biedron, l’espoir de renouveau pour la gauche polonaise?

Robert Biedron a lancé son mouvement « Wiosna » devant plusieurs milliers de personnes à Varsovie. À trois mois des européennes, il espère proposer une offre électorale de gauche. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Ouest-France avec Reuters
epa07340991 Robert Biedron, l’ancien maire de Slupsk, lors de l’évènement de lancement de son parti « Wiosna » (Printemps) à Varsovie, en Pologne, le 3 févier 2019. [[EPA-EFE/Jakub Kaminski]]

Robert Biedron a lancé son mouvement « Wiosna » devant plusieurs milliers de personnes à Varsovie. À trois mois des européennes, il espère proposer une offre électorale de gauche. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

En Pologne, Robert Biedron a lancé dimanche un nouveau parti de centre gauche, baptisé « Printemps » (Wiosna en polonais), qui se situe dans l’opposition aux conservateurs proches de l’Église catholique au pouvoir, le parti Droit et Justice (PiS) de Jarosław Kaczyński. Il entend aussi donner une alternative face au libéraux de la Plateforme civique (PO).

Le démarrage de la formation lancée par l’ancien maire de la ville de Slupsk (nord) coïncide avec le début de la campagne pour les élections au Parlement européen en mai et, à plus long terme, pour les législatives polonaises à l’automne.

En mémoire de Pawel Adamowicz

Lors d’un rassemblement de plusieurs milliers de ses partisans dans un stade couvert de Varsovie, Robert Biedron a dit vouloir réaliser le testament politique du populaire maire libéral de Gdansk, Pawel Adamowicz, assassiné le mois dernier.

Il a annoncé les grandes orientations de son programme, dont la séparation de l’Église et de l’État, dans un pays majoritairement catholique et où le clergé exerce une influence considérable.

Il se propose aussi d’instaurer un salaire égal pour les femmes et les hommes, une libéralisation de l’avortement, la reconnaissance d’un partenariat entre personnes du même sexe et une généreuse retraite garantie pour toutes les personnes âgées.

Côté écologie, il voudrait « fermer toutes les mines de charbon » vers 2035 pour réduire le smog dans un des pays les pollués d’Europe où on estime à 50 000 le nombre de décès prématurés imputables à la mauvaise qualité de l’air.

Troisième position dans les sondages

Ce discours progressiste du politicien relaxe de 42 ans semble trouver un accueil favorable auprès des électeurs.

Selon un sondage publié le 1er février par l’institut IBRiS dans le contexte des européennes, son parti naissant est soutenu par 6,4 % des Polonais, ce qui le situe à la troisième place, certes loin derrière le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir, appuyé par 36,2 % des électeurs, et la Plateforme Civique (PO, opposition centriste libérale), qui obtient 29,6 %.

Robert Biedron se donne aussi pour objectif de réduire les divisions dans une Pologne fortement clivée et qui n’a pas encore surmonté le choc de l’assassinat du maire de Gdansk.

Commis par un repris de justice peut-être déséquilibré, ce meurtre a conduit la classe politique à s’interroger sur le discours de haine qui marque la vie publique depuis trois ans.

« Nous avons besoin d’énergie positive plus que jamais maintenant », a indiqué Robert Biedron. « Nous devons réaliser l’héritage de Pawel Adamowicz ». Ce dernier, tout en étant catholique, avait soutenu la communauté LGBT, et aussi invité des réfugiés dans sa ville.

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