Le président tchèque, Vaclav Klaus, provoque les parlementaires européens
Le président tchèque, Vaclav Klaus, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a tenu, jeudi 19 février, des propos très critiques à l’égard de l’intégration européenne et du traité de Lisbonne devant le Parlement européen.
Le président tchèque, Vaclav Klaus, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a tenu, jeudi 19 février, des propos très critiques à l’égard de l’intégration européenne et du traité de Lisbonne devant le Parlement européen.
« Il est erroné de penser qu’il y n’a qu’une seule voie, un seul avenir pour l’Union européenne, à savoir une Union toujours plus étroite, une intégration toujours plus approfondie sur le plan politique des États membres », a déclaré le président tchèque Vaclav Klaus, devant les parlementaires européen, jeudi 19 février.
Avant de comparer les communistes soviétiques et les intégrationnistes européens. « Il n’y a pas si longtemps, dans notre partie de l’Europe, nous vivions dans un système politique qui n’autorisait aucune alternative et donc aucune opposition parlementaire », a-t-il déclaré. « Ici [au Parlement européen], il n’y a qu’un choix et ceux qui osent réfléchir à une solution différente sont qualifiés d’ennemis de l’intégration européenne ».
Ses invectives ont également porté sur le traité de Lisbonne qui va, selon lui, accroitre le « caractère bureaucratique des prises de décision » et le Parlement dont le renforcement du rôle risque de conduire « à une aliénation encore plus grande des citoyens européens vis-à-vis de l’Union ». Lors de la conférence de presse qui a suivi Vaclav Klaus a refusé de dire s’il ratifierait le traité de Lisbonne arguant « qu’un joueur d’échecs n’annonce pas ses coups à l’avance ».
Ces propos provocateurs ont suscité de nombreuses réactions parmi les eurodéputés dont le Tchèque Richard Falbr (PSE) qui a déclaré qu’il « n’en attendait pas mieux. J’ai quitté la plénière comme la moitié des députés. Ses provocations étaient injustifiées. Il a été applaudi par les eurodéputés d’extrême droite, d’Autriche, du Royaume Uni et du Danemark. D’autres ont fait des commentaires qui ne peuvent pas être publiés dans les médias ». Plus pondéré, Graham Watson, chef de file de l’ADLE, estime que « ses propos étaient discutables mais francs et certaines réactions ont été exagérées ».