Le président serbe aurait demandé à Volodymyr Zelensky de ne pas reconnaître le Kosovo
Le président serbe Aleksandar Vučić aurait très probablement proposé de fournir des armes à l’Ukraine si celle-ci ne reconnaissait pas l’indépendance de son ancienne province du Kosovo, a déclaré une eurodéputée allemande mardi.
Le président serbe Aleksandar Vučić aurait très probablement proposé de fournir des armes à l’Ukraine si celle-ci ne reconnaissait pas l’indépendance de l’ancienne province serbe du Kosovo. C’est ce qu’a déclaré l’eurodéputée allemande Viola Von Cramon après la rencontre entre les deux dirigeants à Athènes mardi (22 août).
Lundi, Aleksandar Vučić et Volodymyr Zelensky ont participé à un sommet informel des dirigeants des Balkans occidentaux organisé par la Grèce.
Après sa rencontre avec le président ukrainien, M. Vučić a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il avait « confirmé […] que la Serbie soutient l’intégrité territoriale de l’Ukraine et que cela ne changera pas ».
L’Ukraine fait partie des pays qui n’ont pas reconnu l’indépendance du Kosovo à l’égard de Belgrade proclamée en 2008, et ce malgré les pressions internes exercées par la représentation du Kosovo au Conseil de l’Europe notamment.
M. Zelensky ne s’est pas exprimé sur la question, et M. Vučić n’a pas divulgué la position de l’Ukraine sur la question. Il a toutefois précisé le point de vue de la Serbie.
« Je ne pense pas qu’il y aura des changements en ce qui concerne la position de l’Ukraine à l’égard de la Serbie et de l’honneur de notre intégrité territoriale […] nous avons soutenu l’Ukraine sur sa voie européenne », a déclaré M. Vučić, précisant qu’ils avaient également discuté des « modalités d’une future coopération » avec le président ukrainien.
Cependant, l’eurodéputée Viola Von Cramon, qui suit de près la question des Balkans occidentaux en sa qualité de rapporteure du Parlement européen pour le Kosovo, a publié sur X (anciennement Twitter) qu’il était « très probable que M. Vučić ait accepté de rencontrer M. Zelensky afin d’exercer avant tout une pression sur l’Ukraine : des armes contre la non-reconnaissance du Kosovo ».
« J’espère vraiment que M. Zelensky comprend le risque politique que pourrait entraîner un tel accord », a ajouté Mme Von Cramon.
La Serbie fait partie des quelques pays européens qui n’ont pas adopté les sanctions contre Moscou à la suite de l’agression russe. Le pays a également démenti officiellement toute intention de livrer des armes à l’Ukraine.
Belgrade avait également nié la véracité d’un document du Pentagone publié par Reuters en avril, qui affirmait que la Serbie avait accepté de livrer, ou avait déjà livré, des armes à l’Ukraine.
« La Serbie n’a pas exporté et n’exportera pas d’armes vers l’Ukraine », avait alors martelé M. Vučić.
M. Zelensky, pour sa part, avait posté sur X mardi que la réunion avec son homologue serbe avait été « honnête et fructueuse ». Une « bonne conversation sur le respect de la Charte de l’ONU et l’inviolabilité des frontières », avait-il précisé.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]