Le président kenyan exhorte l’UE à investir davantage dans les énergies vertes en Afrique

Le président du Kenya a exhorté l’UE et les gouvernements des États membres à accroître les investissements dans les infrastructures africaines d’énergie propre afin de garantir que l’Afrique soit le partenaire le plus important dans la transition énergétique.

Euractiv.com
The African energy transition could help bring electricity to 600 million people.
William Ruto, qui a été élu de justesse lors d’élections présidentielles contestées en août dernier, a promis de faire du Kenya l’un des leaders du continent en matière d’énergie verte. [<a href="https://www.flickr.com/photos/magharebia/5263617050/in/photolist-928pY7-925h6i-6JjAL-4RqGYD-4t35qt-LNKx2-4RuSPw-925hcH-672hZR-4RuTfm-4RuTGu-eZtHMd-eZhmpr-eZtCsw-eZtCV9-eZhmH8-eZtEtd-eZtgv9-eZtBVd-eZhkPH-eZtDC1-eZhkua-eZhiuV-eZh8je-eZtAbq-eZtFry-eZhh5v-eZtF7L-eZtFMd-eZhgAP-eZhhyT-eZtGQU-qgop7-yz1t9K-xUCSet-xUuwF7-yyUuwh-eZgZ2e-eZtwf3-eZttxm-eZh9j2-eZty6d-eZhicT-eZtENj-eZhfpK-eZtyaW-eZhbg8-eZhg5c-eZh8aH-99SAkV" target="_blank" rel="noopener">FLICKR/Maghrebia</a>]

Le président du Kenya, William Ruto, a exhorté l’Union européenne et les gouvernements des États membres à accroître les investissements dans les infrastructures africaines d’énergie propre afin de garantir que l’Afrique soit le partenaire le plus important dans la transition énergétique.

« Avec le niveau d’investissement adéquat, l’Afrique peut fournir un accès à l’énergie pour tout le monde d’ici 2030 tout en réduisant les émissions totales liées à la production d’énergie d’environ 80 % », a déclaré M. Ruto lors du Dialogue de Berlin sur la transition énergétique organisé la semaine dernière par le gouvernement allemand.

William Ruto, qui a été élu de justesse lors d’élections présidentielles contestées en août dernier, a promis de faire du Kenya l’un des leaders du continent en matière d’énergie verte.

À Berlin, M. Ruto a déclaré que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) prévu par l’UE devrait encourager la production à basse émission de pollution sur le continent.

Il a ajouté que l’Union pourrait renforcer les nouvelles sources de financement en utilisant davantage de crédits carbone africains sur les marchés d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE). Ces crédits présenteraient des avantages fondamentaux tels que le renforcement de la biodiversité et l’amélioration des moyens de subsistance.

M. Ruto a appelé à la coopération pour garantir le soutien aux pays qui font « le travail difficile de protection de la nature », en rendant les financements plus disponibles, accessibles et abordables, tout en augmentant les limites d’endettement.

Le Kenya fera probablement partie du prochain groupe de pays à rechercher un financement international pour une transition énergétique juste, après que l’Afrique du Sud a annoncé un plan d’investissement de 84 milliards de dollars pour passer du charbon à l’énergie propre, dont 8,5 milliards de dollars provenant de financements de l’UE et des États-Unis.

Plus de 90 % de l’électricité produite dans ce pays d’Afrique de l’Est est déjà verte et provient principalement de la géothermie, de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne.

Au début de ce mois, l’UE et la German Development Corporation ont accepté de fournir 20 millions d’euros supplémentaires afin d’aider à financer les plans du Kenya visant un système fondé sur une électricité 100 % verte d’ici 2030.

Achim Steiner, l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a confié à EURACTIV qu’il était dans l’intérêt de l’UE et des pays riches d’accélérer les investissements dans les États africains dans les années à venir, ajoutant qu’il existait une déception croissante sur le continent face à la difficulté d’obtenir des investissements.

« En Afrique, je dirais qu’il est dans l’intérêt du monde développé de devenir co-investisseur en apportant des montants significatifs de subventions pour permettre à l’Afrique d’effectuer une transition vers une économie du 21e siècle fondée sur l’énergie propre », a-t-il expliqué, ajoutant que « de manière générale les pays du sud ne doutent pas du changement climatique ».

« En fait, ils investissent déjà des centaines de milliards de leur propre financement dans ces transitions énergétiques. »

« Cependant, ils se sentent dans une certaine mesure déçus et frustrés parce que les accords qu’ils ont conclus ne sont tout simplement pas respectés », a ajouté le responsable de l’ONU, soulignant que les pays riches n’ont pas tenu leur promesse de fournir 100 milliards de dollars par an pour financer l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses conséquences.

Les propositions de réforme de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) visant à accroître considérablement l’accès aux investissements en faveur du climat et des énergies propres ainsi que leur volume devraient dominer l’ordre du jour des réunions de printemps des deux organisations, qui débuteront le 10 avril.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]