Le président de Ferrari appelle à un gouvernement de « salut national » pour l'Italie

L'un des plus éminents hommes d'affaires d'Italie, souvent considéré comme un candidat potentiel à la direction d'un gouvernement d’union nationale de transition, a appelé lundi (31 octobre) à la démission immédiate du premier ministre, Silvio Berlusconi, afin d'enrayer la crise de la dette.

EURACTIV.com / Reuters
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L'un des plus éminents hommes d'affaires d'Italie, souvent considéré comme un candidat potentiel à la direction d'un gouvernement d’union nationale de transition, a appelé lundi (31 octobre) à la démission immédiate du premier ministre, Silvio Berlusconi, afin d'enrayer la crise de la dette.

Dans une lettre adressée au quotidien La Repubblica, Luca Cordero di Montezemolo, le président du constructeur automobile Ferrari, a déclaré que l'Italie avait atteint le « point de non-retour », à la vue des rendements obligataires à 10 ans qui ont atteint le niveau insoutenable de 6 %.

« Il n'y a pas une minute à perdre. Les économies du peuple italien, la cohésion sociale et l'appartenance de l'Italie à la zone euro sont en danger », a-t-il affirmé. « Nous n'avons pas le temps d'attendre que la situation politique évolue naturellement », a-t-il déclaré.

« Le premier ministre doit comprendre que la seule manière de sauver le pays est de mettre en place un gouvernement de salut public ». La coalition de centre-droit de M. Berlusconi, plus que divisée, est sous pression depuis que l'Italie peine à résoudre ses problèmes et que ses partenaires européens exigent des réformes pour enrayer la crise qui menace à présent la zone euro dans son ensemble.

M. Berlusconi, qui fait l'objet de scandales et est poursuivi dans quatre procès pour prostitution et fraude fiscale, a refusé de démissionner, répétant le 28 octobre qu'il avait bien l'intention de rester au pouvoir jusqu'à l'expiration de son mandat en 2013.

Elections au printemps

Toutefois, nombreux sont ceux qui pensent que le gouvernement tombera dès le début de l'année prochaine, entraînant le pays vers des élections au printemps, la saison lors de laquelle les élections ont généralement lieu en Italie.

M. Berlusconi a survécu à plusieurs votes de confiance au parlement cette année, mais ses partenaires de coalition, membres de la Ligue du Nord, se montrent de plus en plus sceptiques quant à l'éventualité que le gouvernement puisse rester sur pied.

Ils ont cependant insisté sur le fait que la seule option serait d'organiser de nouvelles élections. Ils ont en effet rejeté l'idée d'un « gouvernement technique » intérimaire dirigé par une personne de l'extérieur chargée de mettre en oeuvre les réformes.

Si le gouvernement tombait après avoir perdu un vote de confiance au parlement, il reviendrait au président, Giorgio Napolitano, de décider d'organiser des élections ou de nommer un autre premier ministre pour former une nouvelle majorité.

La lettre de M. Montezemolo alimente les critiques toujours plus nombreuses exprimées par la société italienne, de la fédération des employeurs, Confindustria, aux principaux journaux, en passant par l'Eglise catholique.

M. Montezemolo, qui n'est officiellement rattaché à aucun parti, a affirmé que la série de réformes promises à l'UE la semaine dernière, y compris les règles visant à faciliter les licenciements pour les entreprises et les fonctionnaires, était « manifestement insuffisantes étant donné la gravité de la situation ».

Il a proposé un programme de réforme en cinq points pour réduire les dépenses du gouvernement, réformer le droit du travail, faire passer le fardeau fiscal des coûts du travail aux actifs, réviser le système des retraites et ouvrir les secteurs protégés à la concurrence.