Le premier supercalculateur « exaflopique » européen sera hébergé en Allemagne
L’Allemagne accueillera le premier supercalculateur européen doté de capacités « exascales », tandis que quatre nouveaux supercalculateurs de milieu de gamme seront hébergés en Grèce, en Hongrie, en Irlande et en Pologne.
L’Allemagne accueillera le premier supercalculateur européen doté de capacités « exascales », tandis que quatre nouveaux supercalculateurs de milieu de gamme seront hébergés en Grèce, en Hongrie, en Irlande et en Pologne.
L’entreprise commune pour le calcul à haute performance en Europe (EuroHPC) a annoncé mercredi (15 juin) qu’elle avait sélectionné les cinq sites qui accueilleront et exploiteront la prochaine génération de supercalculateurs européens.
L’entreprise commune est un partenariat entre le public et le privé auquel participent les institutions et les États membres de l’UE ainsi que des entreprises privées afin de renforcer les capacités de calcul intensif de l’Europe.
« Ces cinq nouveaux supercalculateurs nous aideront à développer des modèles de haute précision. Ils nous aideront à relever les défis sociétaux et à faciliter la recherche avancée dans les domaines du changement climatique, de la cosmologie, de l’ingénierie, de la science des matériaux, etc. », a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique.
Le dispositif le plus puissant, le supercalculateur exaflopique JUPITER, sera hébergé par le Centre de supercalcul de Jülich (Jülich Supercomputing Centre) en Allemagne et sera installé en 2023.
Les supercalculateurs devraient permettre de répondre à des questions scientifiques urgentes, comme la réponse aux pandémies ou la production d’énergie durable. « Ils permettront l’utilisation intensive de l’intelligence artificielle et de l’analyse des big data », indique le futur site d’hébergement en Allemagne.
« De tels systèmes sont capables d’effectuer plus d’un milliard de milliards (18 zéros) de calculs par seconde et marquent une étape importante pour l’Europe », a précisé l’EuroHPC. Cela correspond à la puissance de calcul de plus de cinq millions d’ordinateurs portables modernes.
Une vague de supercalculateurs européens
Selon Bettina Stark-Watzinger, ministre fédérale allemande de l’Éducation et de la Recherche, deux autres supercalculateurs exascale seront également installés à Munich et à Stuttgart dans les prochaines années, en coopération avec les Länder de Bavière et de Bade-Wurtemberg.
L’annonce de l’EuroHPC intervient peu de temps après l’inauguration de LUMI, le supercalculateur le plus puissant d’Europe à ce jour, qui a eu lieu le 13 juin en Finlande.
Les quatre autres sites ont été choisis pour accueillir des supercalculateurs de milieu de gamme, qui ont des capacités dites « pétascales », c’est-à-dire effectuant plus d’un quadrillion de calculs par seconde, ou pré-exascales.
L’Institut grec des infrastructures nationales pour la recherche et la technologie accueillera le système DAEDALUS ; l’Agence gouvernementale hongroise pour le développement des technologies de l’information accueillera LEVENTE ; l’Université nationale d’Irlande à Galway accueillera CASPIr ; et le Centre informatique universitaire polonais CYFRONET AGH accueillera EHPCPL.
L’EuroHPC, une entité juridique et de financement créée en 2018, a précédemment acquis sept supercalculateurs à travers l’Europe, où cinq sont déjà pleinement opérationnels.
LUMI est un supercalculateur pré-exascale et actuellement le supercalculateur le plus puissant et le plus économe en énergie en Europe et le troisième plus puissant au monde, selon la liste du Top500 des supercalculateurs les plus rapides du monde (15 juin).
Une fois opérationnel, le supercalculateur exaflopique JUPITER, basé en Allemagne, détrônera LUMI dans ce classement.
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Coût et financement
Les emplacements des systèmes ont été choisis à la suite de deux appels à manifestation d’intérêt pour devenir une structure d’accueil, lancés en décembre 2021.
Les systèmes seront cofinancés par l’EuroHPC et les États participants. Le budget de l’EuroHPC provient des programmes « pour une Europe numérique » (Digital Europe) et Horizon Europe et elle prendra en charge jusqu’à 50 % de JUPITER et environ un tiers du coût total des quatre superordinateurs de moyenne gamme.
Le coût total de JUPITER est d’environ 500 millions d’euros. Le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche et le ministère de la Culture et des Sciences du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie apporteront les 250 millions d’euros correspondants.
« Aujourd’hui déjà, le FZJ (Centre hébergeant JUPITER) est l’un des centres de calcul intensif les plus innovants au monde, avec des calculateurs de pointe tels que JUWELS et JURECA », a déclaré Isabel Pfeiffer-Poensgen, ministre de la Culture et des Sciences du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie.
Avec la possible intégration des technologies quantiques, l’ordinateur exaflopique constitue également une passerelle vers la grande technologie de demain qu’est l’informatique quantique, a ajouté la ministre.
Les cinq nouveaux sites seront reliés entre eux et mis à la disposition d’un large éventail d’utilisateurs européens issus du monde universitaire, de l’industrie, des petites et moyennes entreprises et du secteur public de l’UE et des pays participants.
Un concept « vert »
Toutefois, les besoins énergétiques considérables constituent un défi majeur. La puissance moyenne attendue est de 15 mégawatts, selon le Centre de supercalcul de Jülich.
Cependant, JUPITER, tout comme LUMI, est conçu comme un ordinateur « vert ». Il sera alimenté par de l’électricité verte, et la chaleur résiduelle qui en résultera sera utilisée intelligemment, a indiqué le Centre dans un communiqué.