Le Premier ministre slovaque Robert Fico soutient la Serbie au sujet du Kosovo

Lors de sa rencontre avec le président serbe Aleksandar Vučić à Belgrade jeudi 22 novembre, le Premier ministre slovaque Robert Fico a rappelé que son pays respecte l’intégrité territoriale de la Serbie et soutient sa position sur le Kosovo.

EURACTIV Slovaquie
Aleksandar Vucic – Robert Fico meeting in Belgrade
Robert Fico et Aleksandar Vučić ont trouvé un terrain d’entente sur plusieurs questions. S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe, Robert Fico a exprimé la pertinence des discussions entre des dirigeants attachés à « des politiques indépendantes et souveraines fondées sur le droit international et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays ». [Photo by Filip Stevanovic/Anadolu via Getty Images]

Lors de sa rencontre avec le président serbe Aleksandar Vučić à Belgrade jeudi 22 novembre, le Premier ministre slovaque Robert Fico a rappelé que son pays respecte l’intégrité territoriale de la Serbie et soutient sa position sur le Kosovo.

Lors de leur rencontre à Belgrade, les deux responsables politiques se sont mis d’accord sur des questions clés, telles que le Kosovo, la migration et une visite prévue à Moscou.

La Slovaquie, qui est l’un des cinq États membres restants de l’Union européenne (UE) à ne pas reconnaître l’indépendance du Kosovo, déploiera à nouveau — après 15 ans — des troupes dans le cadre de la mission de maintien de la paix dirigée par l’OTAN au Kosovo (KFOR), a annoncé le Premier ministre Robert Fico.

Cette annonce fait suite à la récente décision de la Slovaquie de fermer son bureau de liaison à Pristina, ce qui a surpris de nombreux diplomates et experts.

Le redéploiement prévu des troupes slovaques est un « développement positif et un signal fort pour l’alliance de l’OTAN », a déclaré Vladimír Bilčík, ancien eurodéputé et rapporteur sur la Serbie, ajoutant que la présence de l’OTAN est vitale — en particulier pour la Serbie — étant donné l’escalade des tensions dans le nord du Kosovo.

Miroslav Lajčák, ancien ministre slovaque des Affaires étrangères sous Robert Fico et représentant spécial de l’UE pour le dialogue Belgrade-Pristina, joue un rôle clé dans la facilitation des pourparlers entre les deux parties.

Vision commune et éloges

Robert Fico et Aleksandar Vučić ont trouvé un terrain d’entente sur plusieurs questions. S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe, Robert Fico a exprimé la pertinence des discussions entre des dirigeants attachés à « des politiques indépendantes et souveraines fondées sur le droit international et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays ».

Le dirigeant slovaque a déploré que de telles réunions n’aient pas lieu plus souvent et a affirmé qu’Aleksandar Vučić et lui-même font face à une « propagande anormale ».

Le président serbe lui a rendu la pareille, qualifiant Robert Fico de « l’un des plus importants et des plus grands dirigeants mondiaux ».

Robert Fico a également confirmé la planification d’un voyage des deux dirigeants à Moscou en mai 2025 pour commémorer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale — ce qu’il a annoncé sur le radiodiffuseur public Rossiya-1. Une décision sans précédent parmi les dirigeants de l’UE et de l’OTAN.

Sur le sujet de l’Ukraine, les deux responsables politiques ont exprimé des points de vue similaires.

Aleksandar Vučić a souligné la nécessité de la paix entre l’Ukraine et la Russie et a mis en garde contre les décisions qui entraîneraient une escalade du conflit. Robert Fico a ouvertement critiqué la politique occidentale à l’égard de l’Ukraine, en particulier la récente décision des États-Unis d’autoriser des frappes de missiles en profondeur sur le territoire russe.

Il a récemment averti que soutenir de telles actions équivalait à soutenir la Troisième guerre mondiale.

La voie de l’UE pour la Serbie

Robert Fico a également réitéré le soutien de la Slovaquie aux négociations d’adhésion de la Serbie à l’UE, tout en soulignant que la décision revenait en dernier ressort à la Serbie. S’appuyant sur la propre expérience de la Slovaquie en matière d’intégration à l’UE, il a donné un aperçu du processus et a mis en garde contre des « erreurs tragiques » telles que l’affaiblissement de la sécurité énergétique au cours de la transition.

Sur la question de l’immigration, Robert Fico a salué la coopération de la Serbie avec la Hongrie pour sécuriser les frontières extérieures de l’UE. Il a déclaré que l’UE « embrassait les mains de la Serbie » pour ses efforts visant à freiner l’immigration illégale. Un sujet auparavant abordé par les deux hommes politiques au mois d’octobre.