Le Premier ministre serbe démissionne à la suite des manifestations qui secouent le pays
Le Premier ministre serbe Miloš Vučević a annoncé sa démission au milieu d’une vague de manifestations déclenchées par l’un des accidents les plus meurtriers de l’histoire récente de la Serbie — l’effondrement d’un auvent de gare dans la ville de Novi Sad au mois de novembre.
Le Premier ministre serbe Miloš Vučević a annoncé sa démission au milieu d’une vague de manifestations publiques déclenchées par l’un des accidents les plus meurtriers de l’histoire récente de la Serbie — l’effondrement d’un auvent de gare dans la ville de Novi Sad au mois de novembre.
La tragédie de novembre n’a pas seulement fait 15 morts, elle a aussi déclenché des allégations de corruption, de négligence et de mauvaise surveillance du gouvernement dans les projets d’infrastructure, dont beaucoup impliquent des entreprises étrangères.
La catastrophe de Novi Sad est devenue le point de convergence du mécontentement public et a donné lieu à des semaines de manifestations dans toute la Serbie.
Les manifestations, initialement centrées sur Novi Sad, se sont rapidement étendues à Belgrade et à d’autres villes, les manifestants exigeant de la transparence, mais aussi que les hauts fonctionnaires soient jugés responsables et démissionnent, y compris Miloš Vučević, qui était auparavant le maire de Novi Sad.
Lors de sa conférence de presse de mardi, le Premier ministre serbe sortant a souligné un récent incident violent à Novi Sad impliquant des manifestants étudiants et des membres affiliés au Parti progressiste serbe (SNS) au pouvoir, au cours duquel une étudiante a été blessée.
Selon Miloš Vučević, l’incident a été un facteur décisif dans sa décision de démissionner, qui vise à désamorcer les tensions.
« Je pense que, par cela, nous montrons la responsabilité de ceux qui ont été élus pour être responsables, que cela ne déborde pas dans les rues et ne crée pas une division dans la société », a-t-il poursuivi.
Il a néanmoins critiqué ses opposants politiques pour ce qu’il a décrit comme des « tentatives de diviser le pays » en capitalisant politiquement sur la catastrophe de Novi Sad.
Au cours des dernières semaines, les manifestations ont connu à la fois des rassemblements pacifiques et des moments de violence, avec des rapports faisant état de l’utilisation de gaz lacrymogènes par la police et d’affrontements entre manifestants et contre-manifestants.
Le président populiste de la Serbie, Aleksandar Vučić, lutte pour maintenir sa position face aux manifestations après avoir accepté de remanier la moitié de son cabinet. Il a affirmé que la Serbie était « attaquée de l’étranger » et que les manifestations étaient financées par des gouvernements occidentaux.
Le Premier ministre Miloš Vučević a déclaré avoir parlé avec le président Aleksandar Vučić, qui a accepté sa démission, et a précisé que le maire de Novi Sad, Milan Đurić, quitterait également ses fonctions.
Miloš Vučević restera à son poste jusqu’à la nomination d’un nouveau Premier ministre.
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[AM]