Le premier ministre roumain veut accélérer l'absorption des fonds de l’UE

Le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, devrait se rendre à Bruxelles demain pour demander de l’aide afin de dépenser au mieux les 6 milliards d'euros de fonds structurels attribués à son pays pour stimuler son économie en difficulté. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.

EURACTIV.com
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Le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, devrait se rendre à Bruxelles demain pour demander de l’aide afin de dépenser au mieux les 6 milliards d'euros de fonds structurels attribués à son pays pour stimuler son économie en difficulté. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.

M. Ungureanu devrait mener des discussions avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, et avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur la manière de stimuler la croissance via une meilleure absorption des fonds européens.

M. Ungureanu occupe le poste de premier ministre depuis le mois dernier suite à plus de 20 jours de protestations contre les mesures d'austérité appliquées dans le pays et à la récession économique.

Le porte-parole de la Commission européenne Mark Gray a déclaré que les discussions se concentreraient surtout sur l'économie, le programme d'assistance de l'UE et du Fonds monétaire international et les fonds structurels européens.

M. Gray a ajouté que la discussion sur les fonds européens amènerait un autre sujet sur la table, à savoir les progrès de la Roumanie dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification (MCV), mis en place en 2007 pour aider le pays à mettre en oeuvre des réformes (voir « Contexte »).

Le précédent gouvernement roumain avait affirmé avoir fait des efforts sans précédent pour réformer son système d'application des lois, laissant entendre que Bucarest souhaitait que le mécanisme de surveillance de l'UE en place depuis cinq ans soit supprimé d'ici l'été.

Cette réunion survient dans le contexte de la crise grecque qui a récemment poussé les leaders européens à offrir leur aide à la Grèce en matière de dépense des fonds européens disponibles. Bien que la Roumanie ne fasse pas partie du même programme d'aide et qu'elle n'ait pas les mêmes problèmes de dettes que la Grèce, elle dispose du taux d'absorption le plus bas pour les fonds structurels et de cohésion (moins de 10 %).

Les fonds qui n'auront pas été dépensés d'ici fin 2013 devront être rendus aux pays donateurs.

« Il reste beaucoup de possibilités de dépenses des fonds structurels de l'UE pour augmenter le taux d'absorption en Roumanie », a déclaré M. Gray.

Accélérer l'absorption des 6 milliards d'euros de fonds européens permettrait de relancer l'économie roumaine, a déclaré le premier ministre qui propose des mesures de croissance, dont une éventuelle augmentation salariale pour les fonctionnaires.

M. Ungureanu, qui jusqu'à récemment était à la tête des services de renseignements étrangers en Roumanie, a affirmé que son pays avait besoin de 2,5 milliards d'euros de subventions agricoles et de 3,5 milliards d'euros de fonds structurels et de cohésion.

« Nous devons relancer l'économie, car elle stagne. Je pense que huit mois seront suffisants pour y arriver », a déclaré M. Ungureanu.

Au cours des prochaines semaines, M. Ungureanu pourrait commencer à licencier des fonctionnaires, des responsables d'agences et même des ministres responsables de l'utilisation des fonds européens si la Roumanie ne parvient pas à lever les obstacles qui l'empêchent de recevoir cet argent, a expliqué Dan Suciu, le porte-parole du gouvernement.

Selon M. Suciu, les principaux problèmes sont la lenteur du traitement des fonds et leur gestion.

« Nous avons identifié plusieurs solutions », a-t-il affirmé. « Le premier ministre a déclaré qu'il rationaliserait le processus d'absorption des fonds européens. Il ne compte plus tolérer de retards dans ces procédures. »

Le premier ministre a demandé que tous les problèmes liés aux projets européens soient résolus d'ici la fin du mois de mars, a déclaré M. Suciu.

La Roumanie reçoit déjà des aides extérieures pour dépenser les fonds qui lui sont alloués par l'UE. Le gouvernement roumain a signé un accord avec la Direction de la politique régionale de la Commission fin janvier, a affirmé le porte-parole de la Commission sur la politique régionale, Ton Van Lierop.

Cet accord permet à la Roumanie d'avoir recours à plusieurs experts de la Banque européenne d'investissement, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Cette mesure inhabituelle, a précisé M. Van Lierop, permettrait à la Roumanie de réduire la paperasserie, de trouver de meilleures manières de gérer les projets, d'accélérer les procédures et de profiter de l'expérience d'autres Etats membres s'agissant d'absorber les fonds européens.