Le premier ministre italien condamne la gestion européenne de la crise grecque
Enrico Letta critique la façon dont l’Europe gère la crise grecque. Il estime que l’austérité a aggravé la récession et fait grimper le taux de chômage.
Enrico Letta critique la façon dont l’Europe gère la crise grecque. Il estime que l’austérité a aggravé la récession et fait grimper le taux de chômage.
« De graves erreurs ont sans doute été commises au cours des dernières années par l'Europe au sujet de la Grèce », a déclaré le premier ministre italien à l'occasion d'une visite en Grèce, en récession depuis six ans.
« Le calendrier était mauvais. Les outils étaient mauvais. Les interventions n'ont pas été effectuées de la bonne manière et au bon moment, ce qui a aggravé la crise », a-t-il ajouté. Il s'agit de l’une des critiques officielles les plus sévères à propos des conditions de renflouement établies par l'UE, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.
« La crise aurait pu être différente. Elle aurait provoqué une moindre catastrophe financière, elle aurait fait perdre moins d'emplois à travers l'Europe, si l'attitude européenne envers la Grèce avait été différente dès le début », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse avec son homologue grec, Antonis Samaras.
La Grèce est au cœur de la crise de la dette de la zone euro depuis son premier plan de sauvetage en 2010. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi en raison de plusieurs séries d'augmentations des impôts et de réductions des dépenses. La population a manifesté violemment contre les mesures exigées afin que l’énorme dette publique n’entraîne pas une faillite de l’État grec.
L'Italie peine de son côté à remettre en ordre ses finances publiques, alors que sa dette souveraine est la deuxième plus importante de l'UE après celle de la Grèce.
Enrico Letta demande régulièrement à ses partenaires européens de mettre l'accent sur la croissance et l'emploi plutôt que sur la rigueur budgétaire. Il a jugé que les efforts demandés aux habitants des pays du sud de l'UE, les plus frappés par la crise de la dette, n'avaient de sens que s'ils débouchaient sur une amélioration de leur niveau de vie.
« Ces sacrifices ne sont pas une fin en soi, ils ne constituent pas un objectif, ils sont un outil pour atteindre la terre promise. »
Le président du Conseil italien a également répété que l'Europe risquait d'alimenter l'euroscepticisme, qui deviendrait évident lors des élections européennes de 2014.
L'Allemagne donne son feu vert
La commission budgétaire allemande n'a pas commenté le versement de la prochaine tranche d'aide avant midi le 29 juillet. Les prêteurs internationaux ont donc versé les fonds, ont expliqué des sources de la commission à Reuters.
La loi stipule que le gouvernement allemand fasse participer la commission dans la prise de décision et lui donne la possibilité de formuler des commentaires.
Les conditions sont donc remplies pour que l'Allemagne donne son accord au versement de 2,5 milliards d'euros à la Grèce. Il s'agit de la première tranche d'aide d’un plan de renflouement de 6,8 milliards d'euros.