Le premier ministre bulgare demande un vote de confiance suite au scandale des mises sur écoute

Le gouvernement minoritaire de Boyko Borissov devra affronter un vote de confiance au parlement aujourd'hui (19 janvier) suite à un scandale concernant des mises sur écoutes dans lequel il est personnellement impliqué. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.

Boyko_Borissov.jpg
Boyko_Borissov.jpg

Le gouvernement minoritaire de Boyko Borissov devra affronter un vote de confiance au parlement aujourd'hui (19 janvier) suite à un scandale concernant des mises sur écoutes dans lequel il est personnellement impliqué. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.

L'intention de M. Borrisov de demander un vote de confiance a été révélée dans un communiqué de presse publié par le parti dirigeant, le GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) tard ce mardi (18 janvier).

M. Borissov demandera au parlement de soutenir le GERB dans les activités générales du gouvernement. La décision a été prise à l'unanimité par la direction du GERB, a précisé le parti dans une déclaration.

Cette décision semble avoir pour but de prendre le parti socialiste par surprise. Auparavant, les socialistes avaient affirmé qu'ils débuteraient des consultations avec les autres partis parlementaires concernant une motion de censure suite au scandale des mises sur écoute.

Ces derniers jours, la Bulgarie a dû faire face à une avalanche de révélations issues de mises sur écoute qui visaient en premier lieu le ministre de l'intérieur du pays, Tzvetan Tzvetanov, pour ensuite se concentrer sur le premier ministre, Boyko Borissov.

Sur un de ces enregistrements, M. Borissov aurait parlé de la nécessité de « protéger » un homme d'affaire controversé des contrôles douaniers.

Les mises sur écoute ont apparemment été réalisées par le DANS, l'agence nationale de sécurité du pays, mais elles ont ensuite été révélée à la Galeria, un tabloïde lié à Alexei Petrov, un personnage controversé décrit par beaucoup comme l'ennemi le plus puissant de M. Borissov.

Dans un entretien accordé à EURACTIV en février 2010, M. Borissov avait déclaré que son gouvernement était en guerre contre la mafia, ajoutant de manière dramatique que le résultat de cette opération de haut vol contre la mafia, nommée « Octopus » restait incertain.

La personnalité la plus éminente qui fut arrêtée à ce moment-là pour sa participation dans un groupe de criminels organisés est Alexei Petrov, un ancien membre des forces spéciales qui avait infiltré des cercles mafieux, y avait fait fortune et était apparemment devenu un puissant acteur politique. M. Petrov est actuellement assigné à résidence.

Selon un des enregistrements, M. Borissov demande au responsable des douanes dans le pays, Vanio Tanov, d'arrêter d'enquêter sur un homme d'affaires controversé propriétaire d'une usine brassicole, déclarant qu'il « s'était engagé » à ne pas le harceler.

Sur d'autres enregistrements, des fonctionnaires du parti dirigeant, le GERB, parlent de la protection d'hommes d'affaires qui « payaient » pour éviter le contrôle de l'Etat.

La Commission européenne a exprimé ses inquiétudes quant à ce scandale et a demandé aux autorités bulgares si les mises sur écoute avaient été réalisées dans la légalité.

Lorsqu'EURACTIV a demandé à un porte-parole de la Commission si les cercles européens étaient inquiets du fait que des documents secrets en Bulgarie soient révélés à la presse, celui-ci a refusé de commenter.

M. Borissov dirige une minorité au gouvernement, mais il bénéficiait jusqu'à présent du soutien de l'Ataka, un parti nationaliste, et de la Coalition bleue, un plus petit groupe politique de centre-droit (voir « Background »).